Messieurs, osons regarder notre prostate en face ! Histoire de circonscrire le danger potentiel que recèle le vieillissement de cette petite glande grosse comme une mandarine et qui participe à la fabrication du sperme. Elle nous fait stresser mais sans elle, eh bien on ne serait pas là pour en parler puisque l’humanité n’existerait tout simplement pas !
Le cancer de la prostate demeure le plus fréquent en France avec près de 60 000 nouveaux cas annuels selon l’Institut National du Cancer. Il touche 1 homme sur 8 au cours de sa vie.

Un cancer souvent agressif chez les quinquas
Il est le 3e cancer le plus mortel avec 9 200 décès estimés en 2023 (en se basant sur des données de 2018). Mais ces décès surviennent bien au-delà de l’espérance de vie masculine, à un âge avancé, en moyenne à 83 ans. La mortalité standardisée a reculé de 2,2% par an en moyenne entre 2012 et 2022. C’est la preuve de l’efficacité de la prévention et de la pertinence des traitements. Toutefois, ces bons chiffres peuvent laisser croire que ce n’est pas le cancer le plus méchant.
C’est une fausse idée. Surtout si ce cancer survient à un âge encore assez jeune, autour de 50 à 60 ans, il peut alors s’avérer très agressif et emporter le patient non dépisté ou non traité en quelques années. Or il n’existe pas de moyens d’écarter ce risque sans une surveillance médicale. L’Association Française d’Urologie la préconise à partir de 50 ans – voire 45 ans en cas d’origine afro-antillaise ou d’un antécédent de cancer de prostate chez un père, un oncle ou un frère.

On n’opère plus systématiquement
Le premier examen de contrôle est peu invasif : une prise de sang permet de doser le taux de PSA total et un toucher rectal peut être recommandé par le médecin traitant ou l’urologue. En cas de résultat anormal, une IRM de la prostate est proposée, suivie d’une biopsie si l’imagerie pose question. Jusque là, pas de quoi fouetter un chat, même si cette dernière ponction sous anesthésie locale à l’hôpital n’est pas une partie de plaisir.
Mais on vient de loin. Il y a une dizaine d’années, toute forme de cancer, même relativement minime, faisait l’objet d’un traitement chirurgical ou par radiothérapie. Avec des conséquences sur la sexualité (faiblesse ou perte des érections) et fréquemment une incontinence urinaire transitoire ou persistante. On comprend que les hommes de 55 ou 60 ans tremblaient encore plus au diagnostic !

Pas de traitements inutiles
Depuis, la surveillance active s’est imposée en première intention et le nombre de prostatectomies a reflué. L’IRM et la biopsie transpérinéale ont changé le visage du diagnostic. Un tiers des patients auxquels un cancer de prostate est détecté entre désormais dans ce protocole qui prévoit des examens de contrôle tous les 3 mois puis tous les 6 mois, sans intervention si la tumeur demeure petite, circonscrite à la prostate et n’évolue pas. Le cancer est alors déclaré indolent. Certains patients vont ainsi rester sous surveillance active toute leur vie.
L’avantage pour le patient est de ne pas avoir de traitements inutiles et de poursuivre une vie sexuelle tout à fait normale, et un quotidien sans fuite urinaire. L’inconvénient réside parfois dans… la tête ! Il peut s’avérer difficile voire carrément insupportable de se dire qu’on a un cancer niché dans le ventre, pouvant se développer d’un jour ou l’autre.
Cancer de la prostate : adieu les érections, bonjour les fuites ?
Une surveillance sans risque de voir flamber la maladie
Mais, et il est important de le souligner, cette surveillance est présentée comme absolument sans risque par les médecins. Justement parce qu’elle est régulière, fréquente, donc… active. Si la tumeur se met à évoluer, ils auront largement le temps de mettre en place un traitement afin de gérer le cancer et généralement de le guérir. Le taux de survie à 5 ans – c’est le baromètre des statisticiens – après la fin des soins est l’un des plus élevés pour un cancer avec 93% des patients en vie.
Peut-on être acteur de la prévention de ce cancer ? Il faut savoir que les facteurs de risque du cancer de la prostate ne sont pas évidents à circonscrire. Hormis les facteurs génétiques, minoritaires, bien malin qui pourrait cerner ses origines. Il n’a jamais été démontré à ce jour, sinon par des charlatans, que tel aliment (le lait est régulièrement cité) pourrait favoriser sa survenue. A contrario, rien non plus ne permet d’éviter son apparition comme beaucoup le croient en se gavant de graines de courge !

5 conférences pour s’informer en novembre 2026
Puisqu’on n’a pas prise sur les facteurs de risque, il est conseillé d’être pro actif car absolument tout le monde peut être affecté. C’est pourquoi passé 50 ans tout homme doit raisonnablement s’en méfier, et donc évaluer son risque personnel avec son médecin, et s’engager dans un contrôle régulier tous les 1 ou 2 ans.
Pour la 5e année consécutive, à l’occasion du mois de sensibilisation aux cancers masculins, MProvence organise une campagne d’information en partenariat avec les hôpitaux de la région PACA. Elle débutera à Marseille (au Pharo) lundi 9 novembre à 18h par une conférence publique et gratuite réunissant huit spécialistes réunis par la docteur Géraldine Pignot et les professeurs Gilles Karsenty et Romain Boissier : chirurgiens urologues, radiothérapeutes, oncologues. On y entendra également la voix d’un sexologue et des patients avec la formidable association ANAMAcAP qui vient en aide à tous les hommes qui le souhaitent, ainsi que la Ligue contre le cancer.
Jeudi 12 novembre à 18h, avec le docteur Quentin Bandelier à la coordination de dix spécialistes, ce sera au tour de l’agglomération Estérel Côte d’Azur d’accueillir une réunion publique similaire à l’Estérel Arena de Saint-Raphaël. Preuve de la soif de connaissance sur ce sujet encore tabou, 270 auditeurs étaient venus l’an dernier écouter les soignants et leur poser des questions. Il y avait d’ailleurs de nombreuses femmes souhaitant comprendre ce risque encouru par leur conjoint.
L’IA ouvre de nouvelles perspectives de soins
Pour les animer depuis leur origine en 2022, l’auteur de ces lignes ajoute que ces soirées sont toujours incroyablement chaleureuses et solidaires. On parle du cancer avec sérieux mais également bienveillance et humour. Chacun repart chez lui avec des conseils et en étant rassuré sur la qualité des soins proposés si cela s’avérait nécessaire.

Lundi 23 novembre à 18h c’est la salle du Stockfish à Nice (nichée sous la Maison de l’Etudiant) qui accueillera une conférence publique que le professeur Matthieu Durand a voulu dédiée à la question suivante : l’intelligence artificielle va-t-elle révolutionner le diagnostic et les traitements du cancer de la prostate. Le chef du service d’urologie du CHU de Nice le constate : « De l’interprétation des IRM à la chirurgie robotique, en passant par la personnalisation des traitements, l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour les patients. » Et il interroge : « L’IA peut-elle voir ce que le chirurgien ne voit pas ? Permettra-t-elle demain de mieux préserver la continence et la sexualité après une opération ? Et un jour le robot pourra-t-il opérer tout seul ? »
Inscrivez-vous avant que ce soit complet
Voilà qui devrait passionner le public, qui découvrira dans chaque ville traversée les innovations en matière de traitements (chirurgie robotique, ultrasons focalisés de haute intensité, radiothérapie de précision, hormonothérapie…) ou de prise en charge de la sexualité. On évoquera aussi les incroyables pouvoir de l’activité physique et du sommeil (notamment à Marseille avec la docteur Jennifer Campagna) pour prévenir ce cancer.
Pour clôturer la tournée, les médecins toulonnais emmenés par le docteur Pierre-Olivier Faïs accueilleront le public mardi 24 novembre à 18h dans le salon VIP du Palais des Sports et le mercredi 25 novembre à 18h c’est l’Institut du Cancer Sainte Catherine Provence qui abritera à Avignon la dernière conférence coordonnée par le docteur Christophe Clément à destination des Vauclusiens.
Inscrivez-vous au plus vite via le lien dans le bandeau en tête de cet article dans la ou les villes de votre choix. Attention : en 2025 les conférences à Saint-Raphaël, Nice et Avignon ont affiché complet.
A noter que notre partenaire la radio publique ICI Provence proposera une émission consacrée à la prévention et la prise en charge du cancer de la prostate mardi 3 novembre de 9h à 10h en direct, avec la Dr Géraldine Pignot (Institut Paoli-Calmettes) et le Pr Romain Boissier (Hôpital de La Conception, APHM).
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