Face au cancer du poumon, ne misez plus sur la chance !

Fumeurs et anciens fumeurs sont invités à devancer le risque de cancer du poumon grâce au scanner à faible dose. C'est la bataille du chirurgien marseillais Ilies Bouabdallah (Hôpital Saint Joseph). Il déplore que l'on découvre trop souvent cette maladie sur un "coup de chance" à la faveur d'un examen pour un autre problème. Malheureusement il est souvent trop tard pour l'opérer et le guérir. Voici ses conseils et les solutions.

Santé

Le cancer du poumon est le plus meurtrier de tous les cancers dans le monde et en France en particulier : 30 000 morts chaque année dans notre pays ! Il touche surtout les fumeurs et anciens fumeurs et l’objectif est de les amener à se faire dépister suffisamment tôt. Car si la maladie est détectée à un stade localisé, elle peut souvent être opérée avec de grandes chances de guérison. Transmettre cette information est la bataille du chirurgien spécialiste de ce cancer qu’est le docteur Ilies Bouabdallah. Chef du service de chirurgie thoracique à l’Hôpital Saint-Joseph de Marseille, il participera avec 7 autres experts et le footballeur Dimitri Payet à la stimulante conférence publique et gratuite « Protégeons nos poumons du cancer » mercredi 29 avril à 18h au Pharo à Marseille (inscription dans le bandeau jaune ci-dessus). Voici son analyse et ses conseils.

Pourquoi le cancer du poumon est-il malheureusement identifié trop tardivement, quand il a déjà envahi le poumon voire d’autres organes ?

Ce podcast vous est proposé

Dr Ilies Bouabdallah : C’est en effet la triste réalité parce qu’il s’agit d’une maladie silencieuse aujourd’hui. Le poumon est un organe volumineux dans lequel il n’y a pas d’innervation, donc on n’a pas de douleurs, on n’a pas de symptôme au début de la maladie. Les symptômes arrivent souvent trop tard, lorsque la maladie s’est propagée souvent en dehors du poumon avec une altération de l’état général ou d’autres symptômes qui sont témoins de la maladie.

Il faut imaginer le poumon comme un gros ballon de baudruche dans lequel il y a de la place pour développer de la maladie. Si vous aviez une boule qui se développe dans le bras, très rapidement vous auriez mal. Ou pire, vous pourriez la voir ou la palper. Dans le poumon, bonne chance pour la palper ! Vous ne pouvez pas la voir, vous ne pouvez pas la sentir. Et c’est donc pour ça que pendant tout ce temps-là elle continue à grossir et à augmenter de taille, jusqu’à envoyer des cellules « ennemies » dans le reste de l’organisme. C’est ce qu’on appelle les fameuses métastases. Et c’est elles qui font que le cancer est trop souvent découvert à un stade avancé. Donc c’est juste lié à l’anatomie du poumon qui est un organe volumineux sans innervation et donc il peut y avoir une grosse boule qui se développe de manière très silencieuse.

Pour 80% des malades le cancer a déjà métastasé

L’objectif c’est justement qu’on voit la petite boule quand elle est encore très localisée au poumon. Et quand les patients sont opérables et opérés, c’est plutôt bon signe ?

C’est plutôt très bon signe ! Il n’y a pas de généralité mais aujourd’hui on opère principalement les patients qui ont une maladie découverte à un stade localisé. La maladie n’est que dans le poumon lorsqu’il n’y a pas eu encore ces fameuses métastases. C’est aujourd’hui pour nous, les différents acteurs du combat contre le cancer du poumon, une grande tristesse parce qu’il n’y a qu’environ 20% des patients qui sont éligibles à une chirurgie. Les 80% restants sont trop souvent diagnostiqués à un stade plus avancé où la maladie ne nécessite pas une chirurgie et nécessite plutôt des traitements systémiques qui vont agir de partout sur l’organisme, et pas que sur le poumon.

Aujourd’hui en tant que chirurgien je n’agis que sur le poumon. Donc en effet, lorsqu’on propose une chirurgie à un patient, c’est plutôt généralement une bonne nouvelle puisque ça veut dire que sa maladie est a priori uniquement dans le poumon, c’est ce qu’on appelle un stade localisé.

Le Dr Ilies Bouabdallah en compagnie de deux infirmières du service de chirurgie thoracique à l’Hôpital Saint Joseph (Photos Ph. S)

La « chance » de découvrir tôt ce cancer ne suffit pas !

Comment ce cancer va-t-il être identifié suffisamment tôt puisque, vous l’avez dit, pendant longtemps il ne provoque aucun symptôme ?

C’est malheureusement toujours la même histoire aujourd’hui : c’est découvert par hasard. C’est découvert grâce à de la chance et j’adore dire que les patients ont de la chance qu’on ait pu le découvrir à un stade localisé, à un stade précoce, puisque vous l’avez compris c’est une minorité de patients. Pourquoi ? Eh bien c’est parce qu’on leur a fait un examen pour autre chose, pour un accident de la route, pour une toux liée à peut-être à à une allergie, pour un bilan d’une autre pathologie. Et donc par hasard on fait un scanner thoracique et lors de cet examen on va découvrir une tâche au poumon. C’est dans ce cas-là où on peut avoir la chance que cette tâche soit découverte lorsqu’elle est encore toute petite. C’est la principale manière de diagnostiquer le cancer du poumon à un stade localisé en France en 2026, c’est-à-dire la chance.

Aujourd’hui le vrai enjeu, c’est que la vie des gens ne soit pas juste liée à la chance et qu’on puisse découvrir cette maladie à un stade localisé grâce à un programme de dépistage. C’est aujourd’hui vraiment ce qui va probablement changer la donne, de voir la maladie à un stade localisé en allant chercher l’information, sans attendre que ce soit la chance qui nous l’apporte.

La pollution et le cannabis en cause

On va reparler du dépistage. Existe-t-il des profils types des patients que vous prenez en charge ?

Il n’y a pas de profils types. Il y a une majorité de patients qui sont plutôt aux alentours de la soixantaine et qui sont fumeurs ou anciens fumeurs. Mais on voit aussi beaucoup, de plus en plus, de femmes. Ce qui est juste la traduction épidémiologique des habitudes des dames qui elles aussi ont pris les habitudes toxiques du tabagisme, comme les hommes l’ont fait avant elles. Donc on a de plus en plus de femmes, on a un peu de jeunes c’est vrai, avec une maladie qui change. C’est probablement lié à d’autres facteurs de risque qu’on est en train de mettre en évidence, comme la pollution ou le cannabis.

En tout cas aujourd’hui vraiment le patient type, je dirais que c’est plutôt celui qui a la soixantaine et qui est un ancien fumeur. Mais je répète : on a aussi d’autres types de personnes qui peuvent présenter un cancer du poumon.

Le dépistage va sauver des milliers de vies chaque année

Vous avez parlé du dépistage et de la chirurgie qui peut permettre de sauver des gens, après on a des traitements médicamenteux et différentes solutions mais qui ne sont malheureusement pas toujours satisfaisantes à long terme puisque le taux de survie est quand même assez faible. Que peut changer le dépistage et comment ça se passe concrètement ?

Le dépistage peut juste inverser les chiffres ! J’ai évoqué le ratio 80/20 en disant que dans 80% des cas la maladie était découverte malheureusement à un stade avancé et que seulement dans 20% des cas on avait la chance de la découvrir tôt. Dans le dépistage, toutes les grandes études qu’il y a eu jusqu’à aujourd’hui, ont changé de paradigme en inversant les chiffres. Cela veut dire que dans 80% des cas on découvre la maladie à un stade localisé, donc opérable, donc avec un projet de guérison, et la partie où la maladie est découverte à un stade avancé devient minoritaire.

Donc c’est en agissant le plus tôt possible sur le cancer du poumon qu’on a le plus de chance de le guérir. Mais c’est vrai pour toutes les pathologies. Si vous agissez le plus tôt possible, quelle que soit votre maladie, vous avez le plus de chance de la traiter. La médecine aujourd’hui évolue aussi chez les patients qui ont la maladie découverte à un stade plus avancé, et ça évolue d’année en année. Mes collègues oncologues ont de plus en plus des traitements « sur mesure », personnalisés. La bonne vieille chimiothérapie est de moins en moins utilisée. On l’utilise encore mais c’est vrai qu’on a de plus en plus de traitements innovants aussi pour les patients qui ont une maladie à un stade plus avancé.

+ de 90% de guérison vs 10%

Aujourd’hui la meilleure façon d’arriver à améliorer la survie très médiocre que vous avez évoquée, c’est d’arriver à avoir plus de stades précoces et de stades localisés. Parce que lorsqu’on a un stade localisé, la probabilité de guérison est de plus de 90% alors que lorsqu’on a un stade avancé la probabilité de survie (à 5 ans) est plutôt aux alentours de 10%. Ce qui fait que, au total, quand on utilise tout ça, le chiffre est très bas puisqu’il y a beaucoup plus de maladies aujourd’hui dans la population générale qui sont découvertes à un stade avancé.

Et pour ce qui est maintenant des modalités de ce dépistage qui va arriver, c’est quelque chose de très simple et qu’on veut faire passer à travers cette campagne d’information : il s’agit d’un examen indolore, extrêmement rapide, avec très peu d’irradiation, sans injection, gratuit et qui peut vous être proposé dès aujourd’hui par votre médecin généraliste ou un pneumologue.

Saint Joseph, hôpital 0 tabac.

Fumeurs et ex-fumeurs de 50 à 75 ans

C’est un scanner tout à fait banal donc ?

C’est banal, ça dure 20 secondes, c’est ce qu’on appelle un scanner thoracique faiblement dosé – en anglais on dit « low dose » – c’est-à-dire peu irradiant par rapport à d’autres types de scanners. Cet examen va aujourd’hui être proposé au sein d’un programme de dépistage national qui s’appelle IMPULSION mais il peut aussi très bien vous êtes proposé par votre médecin généraliste, par votre pneumologue, par votre cardiologue, si vous êtes un fumeur ou ancien fumeur et que vous répondez à ce qu’on appelle les critères d’éligibilité. Ils sont – pour être vraiment caricatural – d’avoir entre 50 et 75 ans et si vous avez fumé plus de 15 ans.

Que je sois fumeur actuel ou ancien fumeur ?

C’est ça ! Il faut voir en détail avec votre médecin qui vous donnera vraiment les critères pour en faire partie. Mais le message à retenir c’est que si vous avez entre 50 et 75 ans et qu’en gros vous avez commencé à fumer lorsque vous étiez adolescent, il y a de grandes chances que vous fassiez partie de la population qu’on veut exactement dépister pour vous sauver la vie en fait. Pour vous permettre de mettre en évidence, si une maladie devait arriver, eh bien on la trouve le plus tôt possible afin d’éviter autant que possible le drame d’aujourd’hui. C’est-à-dire la découverte de ce cancer à un stade avancé où nous avons moins d’armes efficaces qu’à un stade précoce avec la chirurgie.

Trouver un cancer tôt est une « opportunité »

Cela ne veut pas dire pour autant que mon résultat de scanner va revenir positif ? Ni que j’ai forcément un cancer parce que je suis fumeur et que j’ai passé ce scanner ? Quel est le  pourcentage de cas où le résultat va revenir positif ?

Votre question suppose qu’on explique ce qu’est un résultat positif. Quand on fait un dépistage et un scanner, il est possible qu’on trouve des choses. Je vais chez le dentiste pour faire mon détartrage mais je n’ai pas forcément une carie. Donc quand on fait un scanner thoracique, on n’a pas forcément un cancer du poumon. On va peut-être en revanche découvrir certaines choses qui peuvent nécessiter des suivis. Une tâche au poumon – on appelle ça un nodule -, ce nodule n’est pas forcément cancéreux. Comme tous vos grains de beauté ne sont pas forcément des mélanomes.

Et donc il faudra peut-être, en fonction du scanner, avoir un suivi. Mais ce n’est pas pour autant que, dès qu’on va vous passer un scanner, on va trouver un cancer ! Et je le répète : si on en trouve un, c’est une opportunité car ça veut dire qu’on a finalement réussi à le mettre en évidence le plus tôt possible.

Un cancer dans 2 à 3% des cas, un nodule dans 50%

Pour vous donner un chiffre, dans les programmes de dépistage qui ont été réalisés dans les pays nord-américains et en Europe, dans les grands essais qui font foi aujourd’hui, on est sur un taux de cancers mis en évidence aux alentours environ de 2% à 3%. Cela veut dire que sur 100 personnes qui vont passer un scanner, il n’y en a que 2 ou 3 chez qui on va vraiment trouver un cancer, c’est-à-dire que c’est très faible.

En revanche il y en a environ 50 chez qui on va retrouver un nodule. Mais ce nodule n’est pas forcément synonyme de cancer, ça peut être quelque chose de complètement bénin; ça peut être quelque chose d’inflammatoire; ça peut être quelque chose d’infectieux, qui nécessitera dans tous les cas un suivi, peut-être quelques explorations. Mais il ne faut pas voir cet examen comme une fatalité et dire « c’est sûr qu’on va me trouver quelque chose ». Quand vous amenez votre voiture faire le contrôle technique, elle n’a pas forcément quelque chose qui ne va pas. C’est juste pour vérifier que tout va bien et permettre de rouler en toute sécurité.

Demandez le dépistage à votre généraliste

Le programme IMPULSION va donc permettre de populariser ce dépistage qui reste individualisé aujourd’hui ?

Le populariser, je n’en suis pas certain parce qu’on reste sur un échantillon de patients relativement faible au niveau national. C’est 20 000 personnes qui ne sont même pas des patients, ce qui est trop peu pour tous les acteurs de ce combat contre le poumon. On aimerait qu’il soit généralisé. Le programme IMPULSION va permettre en tout cas de voir les modalités pour qu’on puisse ensuite secondairement le déployer à plus large échelle au niveau national dans un délai qui sera décidé par les pouvoirs publics. On a un agenda jusqu’en 2030, où on pourra mettre en place au niveau national ce programme systématique de dépistage du cancer du poumon, à l’instar de ce qu’on a aujourd’hui pour le côlon ou pour le sein.

Pour l’instant le programme IMPULSION ne va être que dans 6 régions-pilotes dont la région PACA Sud. Il permettra de voir quel est le meilleur rythme de surveillance – est-ce qu’on fait un scanner tous les ans, tous les 2 ans, etcetera. Oui ce programme est porteur d’espoirs, mais pour nous acteurs du combat contre le cancer du poumon il est malheureusement encore limité. Par contre j’aimerais bien répéter à tous les auditeurs qu’il est possible de pouvoir prétendre à un dépistage du cancer du poumon même en dehors d’IMPULSION. Il suffit d’aller voir votre médecin généraliste et de lui parler du bilan du dépistage du cancer du poumon. Et il vous faudra un scanner. Vous n’avez pas forcément besoin du programme IMPULSION.

L’arme la plus efficace contre le cancer du poumon

Stop au fantasme de la nicotine cancérigène !

Les fumeurs connaissent les risques de maladies graves auxquels ils s’exposent, c’est marqué sur les paquets, c’est marqué partout ! Pourtant beaucoup ne veulent pas en entendre parler. Que dites-vous à vos patients ou aux fumeurs pour les inciter à stopper le tabac et à se faire dépister passés 50 ans ?

Cela dépend je pense de chaque médecin qui va trouver lors de ce colloque singulier avec son patient peut-être le bon axe pour arriver à lui faire comprendre la pertinence. L’idée c’est de surtout ne pas être dans la culpabilisation, c’est d’arriver à accompagner. Il peut y avoir plusieurs tentatives pour arriver à un sevrage. En tout cas il y a plein d’outils, il faut probablement les mutualiser. Il y a l’accompagnement par un professionnel tabacologue ou infirmier ou médecin, et avoir des coachs comme le site Tabac Info Service, les substituts nicotiniques – on vit dans un beau pays, c’est remboursé à 100% par la sécurité sociale !

Il y a également les cigarettes électroniques qui peuvent être temporairement une aide à un sevrage. Il faut comprendre que quand on fume on est addict à la nicotine, et cette nicotine on peut réussir à avoir sa dose, comme quelqu’un qui serait en manque on peut avoir sa dose, sans fumer. Et ce n’est absolument pas cancérigène de recevoir de la nicotine. Ce qui est cancérigène, c’est tous les produits qui sont avec la nicotine dans la cigarette. Donc il faut aussi enlever le fantasme de la nicotine. La nicotine n’est pas le problème, le problème c’est tous les autres produits dans la cigarette que vous fumez.

Il n’y a pas de de solution miracle. Il y a un accompagnement, en faire comprendre aux gens la pertinence. Au moment du dépistage, au moment où le médecin, le médecin de famille, celui en qui vous avez confiance, va vous expliquer « ça serait bien quand même que tu fasses un scanner, ça fait 20 ans que tu fumes » – c’est également le moment de comprendre que ce qui va surtout vous rendre service, c’est d’arrêter de fumer plus encore que de vous faire dépister.

Des lésions repérées de plus en plus tôt

Si je suis un ancien fumeur, est-ce que je vais devoir surveiller mes poumons toute ma vie finalement pour prévenir le cancer mais aussi la BPCO ?

Oui. Si vous êtes un ancien fumeur, il faut avoir un médecin du poumon qui vous suit, c’est un pneumologue. C’est un métier qui consiste à surveiller vos poumons.

Il y a d’autres causes du cancer du poumon comme le tabagisme passif, le radon qui est un gaz qu’on trouve dans certaines habitations de certaines régions, la pollution atmosphérique… Est-ce que vous voyez régulièrement des cancers attribuables à une autre que le tabac ?

Il faut comprendre que le tabac écrase tous les autres facteurs de risque. Et souvent les facteurs de risque sont également associés; ça veut dire qu’on peut vivre à Marseille où il y a de la pollution mais aussi fumer. Lorsque les patients ne fument pas, c’est chez ceux que vous venez d’évoquer pour les plus connus, qu’on cherche les autres facteurs de risque. Il y a aussi la partie génétique qu’on est aujourd’hui en train d’essayer d’identifier. Il y a clairement d’autres facteurs de risque qu’on met en évidence dans la littérature de plus en plus fréquemment, qu’on ne connaissait probablement pas avant.

Grâce à l’augmentation du scanner et la qualité de l’imagerie, on trouve des lésions de plus en plus fines, donc de plus en plus tôt chez des gens qu’on n’aurait absolument pas dépistés par le passé. Et donc la caricature du vieux monsieur qui a fumé toute sa vie existe encore mais n’est clairement plus exclusive. Il y a aussi d’autres personnes qui n’ont pas fumé et qui ont d’autres facteurs de risque mais qui restent quand même à la marge.

Prévenir et soigner la BPCO, redoutable maladie des poumons

L’aide de l’IA, prise de sang

Le principal facteur de risque, c’est le tabac, et malheureusement il est trop souvent associé avec d’autres facteurs de risque pour pouvoir vraiment faire la part des choses. Mais en tout cas il y a beaucoup de recherches menées aujourd’hui sur les facteurs que vous venez d’évoquer. Je pense que demain on pourra eux aussi les associer à un dépistage. Aujourd’hui le dépistage du programme IMPULSION entre autres ne se concentre que sur ceux qui ont le principal facteur de risque, c’est-à-dire les fumeurs et anciens fumeurs. Tous les gens que vous venez d’évoquer pour la pollution, le radon, passent entre les mailles du filet.

Il faut que demain on arrive encore à améliorer l’outil de dépistage, ça passera peut-être par l’intelligence artificielle, par des tests de biologie, des prises de sang. En tout cas l’avenir sera excitant dans ce domaine là parce qu’on aura d’autres moyens de trouver la maladie le plus tôt possible.

Des médicaments pour guérir dans 2 ou 20 ans ?

Vous espérez qu’on ait des résultats qui soient probants pour faire reculer le nombre de cas et de morts en France dans combien d’années ?

C’est trop compliqué à dire parce que la médecine évolue tellement vite. Sur 10 ans on a amélioré de manière insuffisamment impactante je trouve le cancer du poumon. On reste aujourd’hui sur une maladie avec un pronostic de survie à 5 ans qui est effroyable lorsqu’on mélange tous les stades de la maladie. C’est donc un vrai problème de santé publique qui est enfin pris en charge par nos pouvoirs publics. L’Europe le demande depuis un petit moment, donc la France est obligée d’y aller.

La meilleure arme que nous avons en 2026 est le dépistage pour le découvrir le plus tôt possible. Mais dans l’avenir, dans 1, 2, 10 ou 20 ans grâce à nos chercheurs, grâce à l’IA, peut être qu’on donnera des médicaments qui pourront guérir le cancer du poumon le plus tôt possible. Donc je ne pourrais pas vous faire de boule de cristal sur l’avenir. Aujourd’hui en tout cas le meilleur outil que nous avons c’est le dépistage; ça reste ce scanner faiblement dosé que vous pouvez passer si vous avez entre 50 et 75 ans et que vous avez fumé plus de 15 ans de votre vie.

Le Dr Bouabdallah et Dimitri Payet le 29 avril à Marseille

Le Dr Ilies Bouabdallah sera le modérateur de la conférence publique et gratuite « Protégeons nos poumons du cancer » organisée par notre média MProvence mercredi 29 avril à 18h00 au sein d’Aix Marseille Université (amphi Gastaut, jardin du Pharo, 58 Bd Charles Livon, 13007 Marseille. Parking Q-Park en face du jardin, bus 83). Entrée libre mais inscription obligatoire en cliquant sur le bandeau jaune en haut de cet article ou en appelant le 07 62 75 80 65.

Et voici une info de dernière minute : l’ex-star de l’OM Dimitri Payet sera présent à cette conférence et expliquera son engagement contre le cancer du poumon auprès de l’association Le Souffle d’Après. Il s’exprimera à l’ouverture.

Aix-en-Provence et Bastia

Deux autres conférences sur ce thème auront lieu au mois de mai, vous pouvez également vous y inscrire.

  • Mardi 5 mai à 18h au Centre hospitalier du Pays d’Aix, avenue des Tamaris, Aix-en-Provence (parking gratuit, fléchage après l’entrée des Urgences).
  • Mercredi 20 mai à 18h à la salle de Lupinu à Bastia en Corse.

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