A l’aube d’un sprint final qui s’annonce passionnant pour la course à la Coupe d’Europe en Ligue 1, un Olympique de Marseille en plein doute s’apprête à disputer en 10 jours deux matchs des plus importants face à Lyon en championnat le 1er mars puis le 4 devant Toulouse en quart de finale de Coupe de France.
L’OM en position dangereuse au classement
Pour la première d’Habib Beye sur le banc, les Marseillais ont raté l’occasion de repartir de l’avant en championnat vendredi à Brest (défaite 2-0) et pointent dans une position très compliquée au classement de Ligue 1 avec cette 4ème place.
En effet, après les victoires ce week-end de Rennes (3-0 face à Auxerre) et Lille (1-0 contre Angers) l’OM se retrouve maintenant plus proche comptablement parlant d’être éjecté des places qualificatives pour la Ligue des Champions que d’une place sur le podium. Avec seulement 3 points d’avance sur ses poursuivants bretons et nordistes, les Phocéens doivent commencer à surveiller le rétroviseur. Plus que jamais, l’OM doit recommencer à engranger des points rapidement. Au risque de connaître une déception qui serait celle de trop dans cette saison déjà bien amochée.

McCourt ne lâche pas l’OM
Si l’équipe paraît quelquefois perdue sur le terrain, on ne peut pas dire que le cas soit bien différent chez les dirigeants olympiens : Longoria déclassé, McCourt reprend-il définitivement les commandes ? Le coup de bluff de Benatia qui annonçait son départ ? Ces dernières semaines ont été agitées et il serait bien de remettre les choses au clair.
Pablo Longoria, président officiellement décisionnaire, apparaît moins sur les écrans. Contesté en interne, sous pression constante de « l’environnement marseillais » comme aime tant l’appeler le board, il semble parfois contraint de composer plus que de diriger. Ses choix sportifs récents, notamment en matière de recrutement et de stabilité du projet, interrogent.
Medhi Benatia, initialement cantonné à un rôle de directeur du football, a progressivement pris une place centrale dans l’organigramme et ressort a priori comme le grand gagnant de ce jeu du siège éjectable auquel a joué l’OM ces dernières semaines. Conforté par le propriétaire américain Frank McCourt il y a maintenant dix jours, il incarne la figure de directeur de l’OM, relayant au second rôle Pablo Longoria, avec qui les relations se sont tendues ces derniers mois. Proche du vestiaire, influent dans les décisions sportives (le choix de prendre Habib Beye pour remplacer De Zerbi lui appartenait), Benatia incarne désormais un contre-pouvoir rigide et ferme. Il est, pour cette fin de saison, le visage central de l’Olympique de Marseille au niveau décisionnaire.
En retrait mais omniprésent par ses arbitrages finaux, Frank McCourt reste le décideur ultime. Son silence public contraste avec son rôle stratégique en coulisses. Mais ce pilotage à distance alimente l’impression d’un club sans cap clairement identifié, où les décisions se prennent dans l’urgence plus que dans la vision et où on a l’impression que l’actionnaire n’est pas seulement là pour signer les chèques uniquement lorsqu’émane de la Commanderie une odeur de brûlé.
Il a bien rappelé que les caisses du club avaient grandement besoin de cette deuxième qualification consécutive en Ligue des Champions et veut aussi rappeler, au fil des différents communiqués, qu’il ne compte pas se désunir de son club, bien qu’il comprenne l’agacement visible à son égard des supporters dans les virages de l’Orange Vélodrome.

Un « ritiro » avant un match à 6 points face à Lyon
Ce lundi, l’équipe s’est envolée en direction du sud de l’Espagne pour un stage au style « ritiro » que nous avons déjà connu la saison dernière à l’entrée du sprint final, quand les joueurs étaient entraînés par Roberto De Zerbi. Un stage qui va « aider dans les têtes » d’après le gardien Geronimo Rulli, auteur d’une saison 2025/2026 compliquée.
Pendant ces 5 jours de stage, Habib Beye va avoir du pain sur la planche pour reformer une équipe capable de faire bonne figure sur un terrain sans s’effondrer dans les 5 dernières minutes, et essayer de gommer les manquements tactiques donnant l’impression que l’OM démarre ses matchs à 10 sur ce début d’année 2026. Le chantier sera long et difficile sur un temps aussi court, mais Habib Beye compte bien travailler sur les absences de concentration et d’implication de l’équipe, qui donne l’impression que le match n’est jamais gagné avec deux buts d’avance, mais aussi toujours perdu avec deux buts de retard.
Espérons que ce dimanche 1er mars, on retrouvera les premières bribes d’une « patte Beye » face au rival lyonnais, avec une verticalité qui lui tient tant à cœur et qui pourrait permettre à l’OM (40 points) de mettre en avant ses forces offensives. C’est un match à 6 points qui pourrait permettre aux Olympiens de revenir à deux petites longueurs de Lyon qui compte 45 points à ce jour, où de se retrouver à 8 points des Gones et sans plus aucune avance sur les poursuivants. Un scénario catastrophe n’est malheureusement pas à exclure avec l’OM de cette saison.
Eviter le feu de paille
Enfin bref… Pour calmer les esprits une chose est sûre, il faudra gagner et faire en sorte que Lyon – qui restera devant de toute façon – soit freiné dimanche soir, avant d’enchaîner mercredi 4 mars dans ce qui est probablement le match le plus attendu par les supporters, un quart de finale de coupe abordable à priori face à Toulouse au Vélodrome. De quoi raviver des espoirs de trophée qui sont enfouis depuis bien trop longtemps chez les supporters d’un club comme l’Olympique de Marseille.
Le destin de Beye, Benatia, McCourt, Greenwood, Balerdi et compagnie tient peut-être finalement à peu de choses. Si l’OM dépasse son inconstance et surmonte ses fragilités défensives, s’il remporte les deux matchs, tout ira beaucoup mieux au moins pour quelques jours. En espérant, comme souvent, que ce ne soit pas un feu de paille.
Les Olympiens ont un avantage énorme : ils jouent ces deux rencontres à domicile. Le public les supportera parce qu’il est fidèle. Mais si survient une nouvelle déconvenue humiliante dès dimanche face aux Lyonnais, ce sera une autre chanson qui montera des tribunes…
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