Siège de l’Upe13 Marseille, jeudi 3 septembre
Trois mois après son élection à la tête de l’Union pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône, Jean-Christophe Amarantinis poursuit sa prise de contact avec l’écosystème économique et institutionnel du département. Élu le 18 mai 2026, le président de l’UPE 13 a fait de la rencontre avec les entreprises, les fédérations professionnelles, les syndicats, les élus et les représentants de l’État l’une des premières étapes de son mandat.

Une démarche qu’il présente comme une nécessité pour une organisation qui fédère, selon les chiffres évoqués lors de cette rencontre, quelque 14 000 entreprises directement ou indirectement et représente environ 170 000 salariés. L’objectif est clair : faire remonter davantage les réalités du terrain vers les décideurs publics.
« Expliquer comment ça se passe dans la vraie vie », résume en substance Jean-Christophe Amarantinis, qui revendique un rôle de courroie de transmission entre les entrepreneurs et les administrations.
L’incertitude politique commence à peser sur l’investissement
Le président de l’UPE 13 ne décrit pas pour autant une économie régionale à l’arrêt. Au contraire, il estime que le territoire conserve une forte attractivité et continue d’attirer des entreprises françaises et internationales.
Mais derrière cette dynamique, le climat s’est nettement tendu.
La proximité des prochaines échéances électorales, l’instabilité politique, les inquiétudes sur les finances publiques et les possibles évolutions fiscales ou réglementaires rendent les chefs d’entreprise beaucoup plus prudents. Selon des données rapportées à l’UPE 13 par les acteurs bancaires, le volume de dépôts de dossiers de financement des entreprises aurait ainsi reculé de 25 à 30 % au cours des deux dernières années.
Le phénomène ne traduirait pas tant un refus des banques de financer qu’un recul des projets eux-mêmes : des entrepreneurs renonceraient ou différeraient leurs investissements faute de visibilité.
Pour l’UPE 13, cette incertitude devient l’un des principaux dangers pour l’économie. Les entreprises réclament notamment davantage de stabilité fiscale et réglementaire, afin de pouvoir construire leurs investissements sur plusieurs exercices.
Ligne THT : le combat prioritaire de la rentrée
C’est toutefois sur la ligne très haute tension liée à la décarbonation de la zone industrielle de Fos que Jean-Christophe Amarantinis s’est montré le plus offensif.
Le dossier doit devenir l’un des combats prioritaires de l’UPE 13 au cours des prochains mois. Alors que le monde industriel attend cette infrastructure pour accompagner la décarbonation et le développement de la zone, le président estime que les engagements annoncés jusqu’ici ne se sont pas encore traduits par des garanties suffisamment solides.
L’UPE 13 demande désormais à l’État des engagements « précis, fermes et irrévocables », capables de survivre au changement de séquence politique provoqué par l’élection présidentielle.
Jean-Christophe Amarantinis prévoit de porter directement le dossier auprès des décideurs nationaux et évoque notamment la possibilité de le défendre jusqu’à Matignon.
L’organisation patronale ne balaie pas les préoccupations environnementales ni la discussion sur le tracé. Une modification du parcours, voire l’enfouissement de certaines portions, peuvent être débattus. Mais l’UPE 13 considère que le principe même de l’infrastructure est indispensable à l’avenir industriel du territoire.
L’enjeu dépasse selon elle l’arrivée de nouveaux projets : il s’agit également de préserver des dizaines de milliers d’emplois existants et de donner de la visibilité aux industriels déjà engagés dans leur transformation.

Logement : un problème économique autant que social
Autre sujet que l’organisation souhaite davantage porter : le logement.
Pour Jean-Christophe Amarantinis, la pénurie de logements disponibles est devenue un frein direct à l’attractivité économique des Bouches-du-Rhône. Attirer un ingénieur, un cadre, un technicien ou un jeune diplômé ne suffit plus si celui-ci ne parvient pas à se loger dans des conditions acceptables.
Le sujet fera ainsi partie, avec la santé, des nouveaux axes davantage mis en avant par l’UPE 13 et notamment lors du Forum des entrepreneurs.
La construction constitue par ailleurs un double enjeu : répondre aux besoins résidentiels tout en soutenant l’activité du secteur du bâtiment.

Santé : l’UPE 13 veut fédérer un écosystème encore peu représenté
Issu lui-même du secteur de la santé, Jean-Christophe Amarantinis veut également développer la représentation de cette filière au sein de l’organisation patronale.
Laboratoires, entreprises de santé, centres de recherche, professionnels libéraux ou acteurs médicaux : l’écosystème est particulièrement riche dans les Bouches-du-Rhône mais reste, selon le nouveau président, insuffisamment représenté au sein de l’UPE 13.
L’organisation souhaite donc donner un « coup d’accélérateur » à cette activité, avec une commission et des rendez-vous spécifiques afin de créer davantage de liens entre les acteurs de la filière.
Apprentissage : inquiétude après plusieurs années de forte croissance
L’apprentissage fait également partie des dossiers sur lesquels l’UPE 13 entend rester mobilisée.
Le patronat local s’inquiète de la réduction progressive des aides accordées aux établissements et aux entreprises. La dynamique avait pourtant été spectaculaire : la France comptait environ un million de contrats d’apprentissage fin 2024, contre 400 000 en 2018, rappelle l’organisation.
Les premiers chiffres évoqués pour 2026 montrent cependant un retournement, avec moins de 65 000 nouvelles entrées en apprentissage à ce stade de l’année selon les données avancées lors de la rencontre.
Pour l’UPE 13, réduire trop fortement les dispositifs d’aide reviendrait à envoyer un mauvais signal à la fois aux jeunes et aux entreprises, alors même que de nombreux secteurs rencontrent toujours des difficultés de recrutement.
Le rapprochement entre le monde universitaire et celui de l’entreprise doit également être renforcé, notamment avec Aix-Marseille Université, afin de mieux faire correspondre les formations et les besoins des employeurs.
L’intelligence artificielle entre dans les priorités
La nouvelle équipe souhaite enfin faire évoluer les services proposés aux adhérents. Après une période d’audit des dispositifs existants, l’intelligence artificielle devrait faire partie des nouveaux champs d’accompagnement.
L’enjeu ne sera pas seulement d’apprendre aux dirigeants à utiliser les outils d’IA. L’UPE 13 veut également travailler sur la protection des données, la souveraineté des solutions utilisées et leur usage éthique.
Un impératif résumé lors de la réunion par une formule : l’intelligence artificielle ne remplacera pas nécessairement les entreprises, mais celles qui ne sauront pas l’utiliser risquent, elles, de décrocher. L’organisation veut donc contribuer à « acculturer » ses adhérents à ces nouveaux outils.
Dans le tourisme, une bonne fréquentation mais des marges sous pression
Le bilan de la saison touristique illustre enfin le paradoxe qui traverse actuellement une partie de l’économie provençale.
La fréquentation est jugée bonne, notamment grâce au retour de la clientèle internationale. Mais cela ne signifie pas que les entreprises gagnent davantage d’argent.
Énergie, carburants, matières premières et charges diverses ont fortement progressé. Comme les professionnels n’ont pas pu répercuter l’intégralité de ces hausses sur leurs prix, leurs marges se sont réduites. Derrière des chiffres de fréquentation satisfaisants, les résultats des entreprises sont donc beaucoup moins favorables.
C’est précisément cette réalité économique que Jean-Christophe Amarantinis veut désormais placer au centre du mandat de l’UPE 13 : une organisation davantage présente sur le terrain, capable de fédérer les acteurs économiques et de faire pression lorsque les décisions publiques risquent de freiner l’investissement.
Une ligne qu’il résume simplement : sa préférence n’est pas politique, elle va au « monde économique », avec une même demande adressée aux futurs décideurs : rendre l’environnement des entreprises plus simple, plus lisible et plus prévisible.
Cette rentrée de Jean-Christophe Amarantinis s’est aussi incarnée quelques jours plus tôt à Paris. À Roland-Garros, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, l’UPE13 et plus largement les représentants économiques du Sud ont affiché leur volonté de peser davantage dans les débats nationaux et de défendre les enjeux industriels et économiques de la région.
Audio – Jean-Christophe Amarantinis, président de l’UPE13. REF, Roland-Garros, 27 août 2026. – Interview Yves Blisson
Roland-Garros, mardi 25 août
Sur les courts 2 et 3 du temple du tennis, porte d’Auteuil, un tournoi femmes et hommes un peu particulier se tient à l’ombre du central Philippe-Chatrier…
Pour la deuxième année consécutive, plusieurs cheffes et chefs d’entreprise, représentant toute la France, y compris des départements d’outre-mer, participent à une conviviale et sympathique compétition, sur un format très resserré : un tie-break de 10 points.
La délégation de l’UPE13 tirera parfaitement son épingle du jeu avec les troisièmes places obtenues par Justine Freche, chez les dames, et Fabrice Blisson, chez les messieurs.
Roland-Garros, Jardin des Mousquetaires, mercredi 26 et jeudi 27 août
Place au business avec beaucoup plus de monde dans les allées de Roland-Garros et notamment autour d’un stand dédié aux entrepreneurs du Sud et animé par les équipes de Carole Colombo (Medef Sud) et Catherine Valès (UPE13).
Entretien audio – Stéphane Benhamou, président du Medef Sud. REF, Roland-Garros, 27 août 2026. – Interview Yves Blisson
Stéphane Benhamou (président du MEDEF SUD), Jean-Christophe Amarantinis (président de l’UPE13), Franck Cannata (président UPE06) et Roland Paul (président du MEDEF84), Lydia Marmod (présidente de l’UDE 04), Lucile Bernard-Reymond (présidente de l’UPE 05) ont constamment promu et défendu, pendant les deux journées, l’image, le dynamisme et le potentiel des entreprises de notre région. Ils étaient accompagnés dans cette tâche par les représentants des territoires (Sebastien Motte, Frédéric Moschetti…), les présidents de chambres de commerce (Daniel Margot, Jean-Luc Chauvin, Stéphane Paglia…) et les fédérations professionnelles : Jean-Michel Diaz pour le GMIF (Groupement Maritime et Industriel de Fos et de sa région), Pierre-Olivier Vignaud et Stéphane Bergamini pour France Chimie, Martin Féraud pour l’UMF (Union Maritime et Fluviale), des élus, au premier rang desquels la conseillère régionale Isabelle Campagnola Savon, ou encore des spécialistes de l’attractivité du territoire (Sébastien Cavalier, directeur général d’One Provence Promotion).

Parmi les grandes entreprises dont le siège social est implanté dans notre région, on notait la présence, notamment, d’Emilie de Lombarès (ONET), d’Olivier Marchetti (Provence Studios) et du Vauclusien Roland Paul (GSE).
Cette densité et la diversité des compétences présentes ont été particulièrement pertinentes lors de la visite sur le stand de ministres : Aurore Bergé, ministre française déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, accueillie par le réseau des Femmes de l’UPE13, ou Sébastien Martin, ministre de l’Industrie…, mais aussi de l’ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle Edouard Philippe.

Des dirigeants nationaux sont également venus sur le stand, à l’instar d’Isabelle Patrier, directrice France de TotalEnergies.
Il est vrai que notre région, particulièrement concernée par les transitions économiques, ne pouvait qu’être stimulée par le sondage réalisé avant la REF par le Medef auprès de 66 000 chefs d’entreprise.
D’après cette consultation, le renouveau industriel de la France apparaît au deuxième rang des préoccupations patronales, une considération d’intérêt général qui a été particulièrement soulignée lors de ces deux journées.

Christophe Castaner : « Le port, c’est vous ! »
L’intervention sur le stand de Christophe Castaner, président du Grand Port Maritime de Marseille Fos, a constitué un temps fort de la deuxième journée. À quelques jours d’accueillir l’UPE13, le 18 septembre, dans le périmètre du port, l’ancien ministre de l’Intérieur a rappelé le poids du GPMM en matière d’activité et d’emploi.
S’adressant directement aux entrepreneurs présents, il a scandé : « Le port, c’est vous ! », comme une invitation à mieux développer ensemble les partenariats et les sujets autour de l’aménagement, du foncier et, bien évidemment, de la transformation industrielle du territoire.
En cette rentrée marquée par les incertitudes liées notamment à la campagne présidentielle, mais surtout à la situation économique, avec la remontée des taux, la difficulté de trouver un budget pour le pays et l’attentisme peu favorable au développement des carnets de commande, ces deux journées ont permis de mesurer la motivation intacte et le courage (thème de la REF) des chefs d’entreprise, notamment ceux du Sud.

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