Elle pointe ses premières interrogations pour faciliter l’action des maires, face à l’urgence, dans la réactivité et la clairvoyance. L’empilement des pouvoirs n’aide pas…
La violence des intempéries a été exceptionnelle du 19 au 21 octobre sur le pays salonais. Lançon-Provence a perdu deux de ses habitantes, retrouvées décédées à l’intérieur de leur habitation, dans des circonstances qui restent à élucider, malgré les versions qui circulent.
Depuis l’hôtel de ville ce 22 octobre, en présentant ses condoléances, Julie Arias, maire de la commune, a exprimé sa profonde tristesse et déploré les fuites sur cette tragédie dans les médias avant même que les proches des victimes ne soient avertis directement.
« La situation est suffisamment dramatique pour la famille pour ne pas relayer de fausses informations. Il faut respecter ça ! » clame-t-elle, soucieuse d’appeler chacun à ses responsabilités face à des urgences qui se multiplient et que le maire affronte comme il peut, sans toujours disposer des moyens administratifs.

Affronter l’urgence et penser l’après
Lançon devrait compter plusieurs centaines de milliers d’euros de dégâts sur des voiries et équipements publics, une place s’est effondrée près du château, la plaine sportive, toute récente, a été inondée… De nombreuses maisons ont été envahies par plusieurs dizaines de centimètres d’eau. Des camions continuaient de pomper ce 22 octobre alors que le soleil s’est remis à briller.
« Depuis lundi, nous avons dû faire face à un état totalement inédit sur notre commune, des personnes seules se sont retrouvées les pieds dans l’eau, des gens ont tout perdu. Il a fallu affronter l’urgence jour et nuit, comme nous pouvions. Il y aura définitivement un après à gérer » explique l’élue d’un territoire déjà éprouvé début juillet par un incendie, puis par une tempête en septembre qui a tranché en deux des arbres dans différents quartiers.
Après les urgences, viendra le temps de la préparation des dossiers pour réparer et reconstruire, lister le montant des dommages, obtenir des aides exceptionnelles auprès des pouvoirs publics…
« Nous demandons l’état de catastrophe naturelle » explique-t-elle. Les représentants de la Région et du Département sont attendus ce 23 octobre.
Simplifier pour plus d’efficacité
Encore bouleversée par sa rencontre avec la famille des deux victimes et tout en rendant hommage à tous ceux qui se sont mobilisés pour secourir les sinistrés, pompiers en tête, elle n’en constate pas moins à chaud une série de dysfonctionnements qui l’interrogent.
Le « mille-feuilles administratif » à la française, souvent dénoncé, n’est à ses yeux définitivement pas adapté au traitement rationnel des urgences.
« Il est tombé l’équivalent de quatre mois de précipitations en deux jours. L’eau est arrivée de manière très différente d’un quartier à l’autre, on ne s’explique pas encore comment. Le maire est seul face aux décisions. Il lui faut parfois s’affranchir de quelques règlementations pour prendre des mesures et agir, quand les aspects humains et sécuritaires sont engagés ».
Elle cite un exemple : « Sur Lançon, j’ai des voies communales, métropolitaines, départementales… avec, dessous, des canalisations sur lesquelles je ne peux pas intervenir. Le maire ne dispose pas des plans de celles qui ne sont pas sous sa responsabilité. Nous devrions les avoir pour agir quand des habitants sont en danger ».
En pleine nuit, il a fallu parfois attendre des heures un retour à un questionnement.
Redonner des marges de manœuvre
Certains empilements ou confrontations d’autorités génèrent du retard, d’autres se renvoient la balle pour ne pas avoir à porter le chapeau, au détriment de la réactivité et, indirectement, de l’intérêt de la population.
« De toutes façons, à la fin, le maire sera responsable de tout ! Si on vient me reprocher quelque chose, j’irai l’expliquer à qui de droit, j’assumerai d’avoir décidé pour la sécurité de mes concitoyens. Il faudrait laisser aux maires plus de moyens, plus de liberté d’action. Je l’ai déjà dit sur d’autres sujets. Il va y avoir des choses à revoir ».
Elle prévoit d’échanger avec ses homologues du pays salonais, eux aussi frappés par les intempéries, pour recueillir leur retour d’expérience, le calme revenu. Sans douter qu’ils ont vécu la même chose…

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