Le salon du retour à une vie (presque) normale

Après une année blanche pour cause de crise sanitaire, les maires haut-alpins ont pu se retrouver à Gap pour une journée bien remplie d’échanges et de rencontres. Pour certains, élus en 2020, il s’agissait de la première occasion de rencontrer leurs pairs.

Au programme de la journée plusieurs sessions d’échanges autour des problématiques départementales, avec notamment un point sur la situation économique des Hautes-Alpes et la situation financières des collectivités territoriales à la suite de la crise sanitaire. Les édiles ont pu également rencontrer Antoine Buéno auteur de « Futur. Notre avenir de A à Z », une rencontre qui a fait salle comble, comme l’intervention de Martial Foucault, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences-Po.

Accolés à ces temps de rencontres, de nombreux exposants étaient venus montrer leurs savoir-faire et proposer leurs services aux municipalités.

Un partenaire privilégié

Parmi eux, la chambre d’agriculture des Hautes-Alpes, venue expliquer ce qu’était exactement une chambre d’agriculture, quelle était son offre de services et ce qu’elle pouvait proposer à des collectivités. « Il s’agit du premier congrès de la nouvelle mandature, explique Aurélie Dubien, du pôle foncier, territoires et services aux collectivités. C’est essentiel pour nous d’être ici pour échanger avec les maires, d’autant plus que le projet de la mandature de la chambre est « Agriculture et Société ». Nous sommes donc là en plein dedans. Nous leur présentons notre dispositif Terr’Aménagement, qui permet de faire des diagnostics fonciers et agricoles. Il permet d’amener des connaissances aux élus sur l’agriculture et de leur expliquer comment elle fonctionne actuellement. Nous abordons également les problématiques de la profession qui peut les concerner, notamment la transmission, en pointant quels sont les leviers sur lesquels ils peuvent agir à leur échelle. Nous pouvons, par exemple, les accompagner sur la mise en place d’associations foncières pastorales ou de zones agricoles protégées. On en profite également pour promouvoir les produits locaux de notre territoire. »

L’après-crise sanitaire

L’inauguration du salon s’est effectuée en présence du secrétaire d’État à la Ruralité, Joël Giraud, venu soutenir en voisin ses collègues haut-alpins, mais aussi rencontrer des agriculteurs (voir encadré). Jean-Michel Arnaud, sénateur, également président de l’association des maires des Hautes-Alpes, a débuté les allocutions en se félicitant du retour de la manifestation. Il s’est notamment interrogé sur « la nature du nouveau monde » qu’il allait falloir construire après cette crise, et sur les outils qu’il allait falloir mettre en place pour être un département différent et « ne pas creuser le fossé » entre les petites et les grandes communes, « sans avoir peur du lendemain ».

La maire d’Embrun, Chantal Eymeoud, représentait la Région en tant que deuxième vice-présidente en charge du Plan Montagne et des Affaires européennes. Elle a souhaité « un bel avenir avec une montagne résiliente et durable pour tous, ainsi qu’un territoire apaisé, aménagé et respecté ».

Joël Giraud a ensuite pris la parole, soulignant que sommeillait encore en lui « une âme de maire », avant d’avoir une pensée pour Patrick Vigne, maire de L’Argentière décédé soudainement il y a quelques semaines. Il a redit son attachement au territoire, tout en déplorant que sa fonction l’en éloigne trop souvent. Il a insisté pour que les communes puissent bénéficier des aides à leur disposition pour pallier la réduction des dotations de l’État.

Alexandra Gelber pour L’Espace Alpin

Encadré : Le secrétaire d’État et les agriculteurs

Joël Giraud ©AG

Joël Giraud a profité de sa venue au congrès des maires pour organiser une rencontre à huis clos durant une heure avec des représentants des agriculteurs haut-alpins. Il s’est ainsi entretenu avec Florian Pellegrin, président de JA Paca, Édouard Pierre, président de JA 05, Jimmy Bertrand-Pelisson pour la FDSEA 05 en présence du directeur de la DDT, de la préfète, de la députée Claire Bouchet et du sénateur Jean-Michel Arnaud.

Une semaine après la découverte du cadavre d’une louve pendue devant une mairie dans le Champsaur et après la comparution d’un éleveur devant le tribunal après la morsure de randonneurs par ses chiens de protection ils ont, bien entendu, abordé le sujet brûlant de la prédation. « C’était le bon endroit et la bonne personne pour faire le lien entre l’économie, le tourisme et l’agriculture. Les échanges sont toujours constructifs avec Joël Giraud, explique Florian Pellegrin. Nous lui avons redemandé de faire passer le message au ministre pour qu’il vienne voir sur place ce qu’il se passe et qu’il se saisisse vraiment du dossier. Il doit en faire une priorité comme il l’a fait pour d’autres dossiers et il ne doit pas le laisser au ministère de l’Environnement. Nous lui avons aussi parlé du coût du loup et il nous a dit être intéressé pour avoir un audit sur le sujet. Nous avons également réinsisté sur le comptage des loups qui n’était pas satisfaisant et sur le fait qu’il y a eu des suspensions des tirs de défense sous prétexte que les quotas étaient presque atteints. Pour les chiens de protection il faut se pencher sur le problème du cheptel qui va être bientôt la retraite. Que va-t-on faire de ces chiens qui ne peuvent plus travailler ? Aujourd’hui il y a 1200 chiens dans le département 1/7 e va partir à la retraite soit 150 chiens par an et on en fait quoi ? L’État les récupère ? Et les chiens mordeurs qu’en fait-on également ? Il faut que l’État travaille sur ces problématiques. Par ailleurs, nous avons également abordé les questions de l’installation ou de la filière bio qui est saturée faute de marchés suffisants, avec des produits qui se retrouvent déclassés. »

L’Espace Alpin est le journal agricole et rural des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes. Ce journal bimensuel est disponible sur abonnement sur lespace-alpin

Au sujet de Killian Blisson

Voir également

Toulon renouvelle son engagement auprès de l’Unicef

En signant la convention « Ville Amie des Enfants », Toulon confirme son engagement vis à vis …