À Port-Saint-Louis-du-Rhône, Eranova transforme les algues en bioplastiques

Originaire de Chambéry, Philippe Lavoisier a choisi les terres fertiles de Port-Saint-Louis du Rhône en 2019 pour développer un projet de fabrication de bioplastiques à partir d’algues vertes. Deux ans plus tard, Eranova vient d'inaugurer un démonstrateur préindustriel. Le changement d’échelle s’annonce, avec un projet d’usine à plus de 60 M€ sous trois ans sur le territoire provençal

économie

Les algues vertes qui polluent et ternissent l’image des plages seront bientôt un mauvais souvenir grâce à Eranova. La start-up installée sur 1,3 ha à Port-Saint-Louis-du-Rhône, à proximité du terminal céréalier des Tellines, puise dans les algues de l’étang de Berre pour alimenter son démonstrateur, inauguré le 18 février 2022.

Ce jour-là, les collectivités locales et TotalEnergies, partenaires de la première heure, étaient au rendez-vous pour célébrer la preuve de concept. « Nous l’avons fait ! Beaucoup sont impressionnés car ils n’imaginaient pas que ce soit faisable. Désormais, nous changeons d‘échelle car les clients sont en attente de cette solution. Nous produisons près de 400 tonnes par an de biomatériaux et à terme nous en produirons près de 30 000 tonnes annuellement avec la création d’une usine », s’enthousiasme Philippe Lavoisier, président d’Eranova qui annonce 63 M€ d’investissement pour mener à bien son projet.

Débouchés à l’export

Cette usine qui devrait ouvrir ses portes en 2025 devrait permettre non seulement de répondre à la demande des industriels et de la grande distribution désireux de « verdir » leurs process et produits mais également d’alimenter les marchés étrangers en produits bio sourcés. « L’Arabie Saoudite est intéressée pour se connecter à des fermes d’aquaculture pour nourrir les algues enrichies en amidon avec un rejet d’eau pure à la mer », détaille Philippe Lavoisier.  Des débouchés sont également envisagés au Maroc et en Indonésie.

A première vue, le process semble simple. Les végétaux, une fois délestés du sable, transitent dans des bassins d’eau salée de 150 m2 où elles sont enrichies en amidon avant de décanter et d’être dirigées par convoyage vers une étuve, où elles sont chauffées à 100 degrés et transformées en une poudre blanche. Avec l’ajout de polymères à des taux variables, Eranova répond à tous types de demandes pour fabriquer des flacons, des sacs et autres produits biodégradables et compostables. La start-up a également noué un accord avec la Fondation Pure Ocean pour l’alimenter en sac poubelle biodégradable.

Crainte des dockers, pêcheurs et conchyliculteurs

« La région Sud possède des outils pour aider les entreprises à s’implanter sur notre territoire à travers le dispositif Région Sud Attractivité. Ainsi, Eranova a bénéficié d’une avance remboursable de 500 000 € pour financer ce projet qui récupère des déchets en permettant la création de plastiques recyclables, mais aussi de capter du CO2 », a annoncé Isabelle Campagnola-Savon, Présidente de la commission entreprise artisanat commerce, économie sociale et solidaire et économie circulaire, et qui siège au conseil de surveillance du port de Marseille-Fos.

Quant aux dockers et riverains qui voyaient d’un mauvais œil, l’installation de cet industriel bord en quai, le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône s’est attaché à les rassurer.  « Le travail du maire consiste à dissiper les inquiétudes. Il a fallu échanger discuter, se comprendre, rassuré les conchyliculteurs et les pêcheurs inquiets des rejets en eau. L’eau est plus propre quand elle rejetée. Nous avons démontré que ce projet est très sain et très neutre », affirme Martial Alvarez, également vice-président de la Métropole Aix-Marseille Provence, qui poursuit son soutien à Eranova dans son projet immobilier de 100 ha.

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