Bientôt un péage de 7€ pour entrer dans l’espace Schengen

Sur le principe de l'Esta américain, l'Union européenne va mettre en place un système électronique d'autorisation de voyage pour les visiteurs des pays n'ayant pas besoin de visa pour se rendre dans un État membre et souhaitant entrer dans l'espace Schengen

économie

L’Union européenne et plus spécifiquement l’espace Schengen va s’inspirer de l’Esta américain (Electronic System for travel authorization – système électronique d’autorisation de voyage) en lançant son système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages. Il a été baptisé Etias pour European travel information and authorization system.

Toute personne d’un pays non membre de l’espace Schengen* pouvant entrer sans visa dans cette zone devra remplir un formulaire électronique en ligne (ceci ne prendra qu’une dizaine de minutes), à l’aide d’un passeport valide, pour obtenir l’autorisation de s’y rendre.

Si, lors de ses contrôles de sécurité en amont, un voyageur est détectée comme pouvant présenter une menace pour la sécurité des pays Schengen, l’Etias, et donc l’entrée, lui sera refusée. « Cela évitera que la menace ne soit présente à l’intérieur des frontières de l’UE. Le système traitera simplement le problème avant même qu’il n’existe« , précise le site dédié à la zone Schengen. Il réduira donc le nombre de refus d’entrées aux points de passage frontaliers. A ces derniers, la police vérifiera, avec les documents de voyage, que l’ETIAS a bien été accepté.

« Nous devons savoir qui traverse nos frontières »

L’Union européenne voit plusieurs vertus à ce système qui, selon ses promoteurs, fera économiser du temps et des tracas aux voyageurs (l’ETIAS peut être accordé en quelques minutes), améliorera la gestion des frontières, complètera la politique européenne de libéralisation des visas, empêchera les migrations contraires au règlement, renforcera la lutte contre le crime et le terrorisme.

La Commission européenne a émis l’idée de ce projet en avril 2016 et l’a proposé le 16 novembre 2016 dans un rapport de 281 pages. En septembre de cette année là, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne de l’époque, avait justifié la mise en place de cette procédure dans son discours sur l’état de l’Union par ces mots: « Nous devons savoir qui traverse nos frontières. De cette façon, nous saurons quelles sont les personnes qui voyagent vers l’Europe avant même qu’elles n’arrivent ici. »

Le 5 juillet 2018, le Parlement européen a donné son accord sur ce nouveau système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages et confier la charge de son développement et de sa responsabilité opérationnelle à l’agence de l’UE pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle dans le domaine de la liberté, la sécurité et la justice (eu-Lisa). Après des négociations entre les eurodéputés et le Conseil de l’Union européenne, les règles de procédures de l’Etias ont été adoptées en septembre 2018.

Croatie et Chypre exemptés d’Etias

eu-Lisa prévoit de le rendre opérationnel et obligatoire en mai 2023. Etias concernera les habitants d’une soixantaine de pays dont, en Méditerranée, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, Israël, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Serbie. Il sera nécessaire pour entrer dans trente-trois pays en Europe. Lors de la présentation du projet, la Commission européenne estimait qu’environ 47 millions de personnes par an devraient demander un Etias en 2025.

Pour être exempter d’Etias, il faudra soit être résident dans un des vingt-neuf États membres de l’Espace Schengen ou de quatre États n’appartenant pas à l’Espace Schengen (Bulgarie, Croatie, Chypre et Roumanie), disposer d’un visa, avoir moins de dix-huit ans ou plus de soixante-dix ans. D’une validité de trois ans ou jusqu’à expiration du passeport, il ne concernera que les séjours d’une durée inférieure à quatre-vingt-dix jours.

L’obtention d’un document Etias reviendra à 7€ (payable en ligne par carte bancaire) contre 21 $ (20,6 €) pour l’Esta depuis le 24 mai 2022 (14$ avant).

*22 de l’UE (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Suède) + Islande, Norvège, Suisse, Liechtenstein, Vatican, Saint-Marin et Monaco.

Frédéric Dubessy

Econostrum

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