Élisabeth Borne : « Mon combat consiste à créer des passerelles »

La ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion est venue à Marseille pour signer, avec Renaud Muselier, un accord cadre régional sur le plan de réduction des tensions de recrutement dans la région, doté d'une enveloppe de 31 M€. Une somme vouée à offrir de nouvelles formations en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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Elisabeth Borne avait un objectif lors de sa visite à Marseille cette semaine : proposer des solutions pour que les filières professionnelles qui peinent à recruter dépassent leurs difficultés à trouver de nouveaux collaborateurs. Elle s’est donc entretenue avec les représentants des secteurs du tourisme, de la restauration et des transports, avant de se rendre à l’Épopée pour découvrir ce tiers lieu qui propose des formations innovantes.

60 millions, ça ne suffit pas

Plus de 60 M€ pour la formation professionnelle en Provence-Alpes-Côte d’Azur, ça ne suffit visiblement pas pour apaiser les tensions dans de nombreuses filières régionales où les employeurs ont le plus grand mal à recruter…. 31 M€ supplémentaires ont donc été abondés par l’État cette semaine, avec la signature par la ministre du Travail d’un avenant au contrat cadre signé en janvier dernier entre l’État et la Région Sud. Une rallonge pour 4500 nouvelles formations destinées à inciter à la reconversion des salariés, remettre en activité les demandeurs d’emploi de plus de deux ans et amplifier l’effort de formation.

Des aides spécifiques pour les employeurs

« D’un côté, des entreprises cherchent à recruter, de l’autre un nombre trop important de demandeurs d’emplois. Ce paradoxe n’est pas acceptable, a estimé Elisabeth Borne, expliquant que ces formations supplémentaires seront élaborées avec les régions. Nous ne manquons pas de moyens. Les employeurs bénéficieront de 8000 € d’aides spécifiques pour lever les freins à la reprise d’activité, comme par exemple les questions de mobilité ou de garde d’enfant », a ajouté la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion aux présidents des filières professionnelles qui participaient à une table-ronde organisée jeudi 9 décembre par le Conseil régional.

Elisabeth Borne aux côtés de Renaud Muselier.

Retrouver le plaisir de travailler

Au-delà des formations, le président de la fédération des travaux publics, Frédéric Tomasella, a souligné la nécessité de « redonner du plaisir aux gens qui oublient d’être heureux au travail ».

« En région, nous avons 10 000 emplois fléchés dans l’industrie. Nous peinons à trouver des soudeurs, des spécialistes de l’usinage et de la maintenance industrielle », explique pour sa part Thierry Chaumont, président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie en Paca. Dans le tourisme, ce sont « 20 000 emplois non pourvus dans la région », déplore François de Canson, président du Comité régional du tourisme.

« C’est bien d’avoir de l’argent pour les formations, encore faut-il des candidats »

Dans le transport de voyageurs, la profession a un « besoin immédiat de 250 collaborateurs », souligne Jean-Paul Lieutaud, président FNTV Paca. Une profession qui pêche par son manque d’attractivité auprès des demandeurs d’emploi. « Nous venons d’ouvrir une formation de conducteur et nous peinons à remplir les 150 places. C’est bien d’avoir de l’argent pour les formations, encore faut-il des candidats », regrette l’autocariste.

La ministre en visite à l’Épopée, au nord de Marseille, s’est montrée intéressée par les nouvelles offres de formations mises en place par Laurent Choukroun et Naïm Zriouel, cofondateurs de ce tiers lieu. « Vous ouvrez des portes vers de nouveaux métiers et initiez de nouveaux chemins éducatifs. Mon combat consiste à créer des passerelles, cela suppose d’être créatif », a souligné la ministre. L’Épopée a notamment mis en place un hub EdTech, qui vise à repenser la formation dans l’électronique et le programme « Les héros discrets de l’éducation », financé dans le cadre du PIA4, le 4e volet du Plan d’investissements d’avenir.

Nathalie Bureau du Colombier


D’une ministre à l’autre

Provence-Alpes-Côte d’Azur, unique région française à ne pas avoir signé en 2019 le Pacte régional d’investissement dans les compétences. Seuls l’État et Pole emploi sont à la manœuvre localement avec comme objectif de former près de 80 000 personnes en quatre ans. « Nous avons eu beaucoup de problèmes. Nous n’étions pas d’accord, ni sur le fond, ni sur la forme avec le ministère précédent, l’idée du gouvernement de l’époque étant de tout centraliser », justifie Renaud Muselier, président du Conseil régional.

Quand Élisabeth Borne a succédé à Muriel Pénicaud au ministère du Travail, en 2020, la situation s’est semble-t-il détendue. « Nous, avons trouvé une évolution et une facilité de travail. Nous trouvons des solutions pour apporter de la formation et des moyens financiers », a ainsi indiqué Renaud Muselier.

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