Face au cancer, les patients ont leur mot à dire !

Les patients parlent aux patients. C'est le choix effectué vendredi dernier lors d'une conférence de sensibilisation au cancer de prostate organisée par MProvence avec le CHU de Nice et le Centre Antoine-Lacassagne. Pour le Pr Matthieu Durand, chirurgien urologue, la relation de confiance qui se noue avec les soignants est fondamentale dans leur prise en charge.

La prostate parlons-en !

Christian Girard a du cran pour témoigner devant une cinquantaine de personnes en ce vendredi de novembre, sur la Promenade des Anglais à Nice. Mais si cela peut stimuler d’autres hommes pour prendre conscience du risque qui pèse sur eux, ce bénévole de la Ligue contre le Cancer des Alpes-Maritimes n’hésite pas un instant. Il a découvert son cancer de prostate en 2021. « Mais, confie-t-il devant l’assistance, je n’avais eu aucune information auparavant. Heureusement, la prise en charge a été très rapide. J’ai été diagnostiqué en février, opéré en mars et j’ai eu la radiothérapie en août. »

Tout est donc allé très vite pour extirper ce cancer qui, chaque année en France, frappe près de 60.000 hommes et en tue un toutes les heures (8.100 décès par an). Le cancer de la prostate représente 1 cancer sur 4 chez l’homme. 1 homme sur 8 sera touché. Novembre est justement le mois de sensibilisation aux cancers masculins. « Il faut s’en soucier, a martelé d’entrée le Dr Richard Chemla, adjoint au maire de Nice qui a ouvert la conférence. Surtout qu’aujourd’hui, la prise en charge s’est vraiment améliorée. »

Un taux de survie considérable : 93%

Les scientifiques ignorent ce qui provoque précisément ce cancer, ni pourquoi il est aussi fréquent. Evidemment, le vieillissement de l’organisme est une cause majeure du dysfonctionnement des cellules, puisqu’en moyenne ce cancer survient à l’âge de 69 ans, avec un âge médian au moment du décès de 83 ans. Mais chez certains hommes, sans que l’on sache pourquoi, notamment quand ils n’ont pas d’antécédents familiaux (un père, un oncle, un frère qui a eu ce cancer), il peut se déclencher dans la cinquantaine, voire dès 45 ans. Ce sont souvent alors des formes plus agressives.

La bonne nouvelle, si on peut parler ainsi, c’est que détecté tôt, il se soigne très bien. Le taux de survie à 5 ans avoisine 93%, c’est considérable pour un cancer (pour un autre cancer qu’est celui du sein, également de très bon pronostic quand il est diagnostiqué tôt, ce taux est de 88%). Et de plus en plus souvent d’ailleurs, on le « garde à l’oeil », simplement.

La relation de confiance patient-médecin est fondamentale

Les urologues précisent ainsi que nombre de patients qui présentent un cancer de prostate jugé « indolent », peu évolutif, non agressif, sont mis sous « surveillance active », donc contrôlés régulièrement, et non plus opérés systématiquement en première intention. Toutefois, à partir de 50 ans, chaque homme devrait demander conseil à son médecin traitant, qui prescrira éventuellement une simple prise de sang et effectuera un toucher rectal – ou alors il vous enverra consulter un urologue – pour établir un premier diagnostic.

« Le plus important face à une épreuve comme celle-ci est la confiance en son médecin, souligne le professeur Matthieu Durand, chef du service urologie au CHU de Nice. Le médecin et l’équipe de soins sont des partenaires du patient. Ils vont cheminer ensemble. Le patient ne doit pas être abattu, des traitements existent et permettent d’aller très loin. Je dis aux patients qu’ils ne doivent pas imaginer qu’une forme de fatalité s’abat sur eux ! »

Jean : « J’ai décidé de me faire traiter tout de suite »

Jean Secondino, 70 ans, est de ceux-là. « J’ai fait doser mon taux de PSA par une prise de sang, il était à 4,24 (NDLR : en général c’est quand le taux de PSA dans le sang dépasse 4 qu’il faut s’interroger mais cela ne signifie pas qu’il s’agit d’un cancer, d’autres facteurs peuvent entrer en jeu dans l’augmentation de ce marqueur sanguin). Puis des examens complémentaires ont confirmé que j’étais atteint. J’ai pris la décision de me faire traiter tout de suite. Le Dr Tibi m’a expliqué les traitements pour aider à une reprise de la sexualité ensuite, tout était parfaitement clair. »

L’impact sur la sexualité est en effet une interrogation récurrente chez les malades. Car l’opération visant à retirer la prostate impacte dans la plupart des cas les nerfs qui déclenchent l’érection, puisqu’ils sont quasi collés à la petite glande reproductrice.

2 conférences publiques cette semaine

« Je n’ai connu aucun problème après l’intervention, se félicite Jean. Je suis d’ailleurs entré le matin à l’hôpital pour être opéré et je suis sorti le soir-même. J’ai gardé une sonde urinaire une semaine, et le suivi infirmier à la maison a été de grande qualité. J’ai bénéficié du soutien total de mon épouse et de mes enfants. »

La Ligue contre le cancer des Alpes-Maritimes a apporté son appui à cette conférence niçoise via la présence notamment de son directeur général, Gérard Van Den Bulcke. Merci également à l’ANAMACaP, association qui informe et aide les patients, et au Centre Universitaire Méditerranéen pour son accueil.

MProvence organise encore 2 conférences publiques et gratuites animées par des médecins cette semaine sur le thème « La prostate, parlons-en pour vous protéger »:

  • Mardi 14 novembre à 17h au campus du Rugby Club Toulonnais, 53 rue Meplomène à Toulon
  • Jeudi 16 novembre à 16h30 au siège de l’Université d’Aix-Marseille, jardin du Pharo, 58 Bd Charles Livon, 13007 Marseille

Renseignements : 06 33 78 35 79

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