La cybersécurité, 1e préoccupation des dirigeants français pour 2022

Avant même le conflit russo-ukrainien, qui a aggravé le risque d’attaques informatiques, les chefs d’entreprise de l’hexagone percevaient la menace cyber comme l’enjeu N°1 pour la santé de leur entreprise. Annulé en 2021, le salon AccesSecurity tombe donc à point nommé pour les rassurer et leur offrir des solutions, dans un contexte déjà très bouleversé par la pandémie de Covid

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Souvent enclins à l’auto-flagellation – et plus souvent encore aux critiques du grand public -, les dirigeants français d’entreprises sont semble-t-il plus doués que la moyenne de leurs homologues ailleurs dans le monde pour humer l’air du temps et les risques qu’il porte en germe.

Inquiétudes géopolitiques

Selon l’étude annuelle « Global CEO Survey » du cabinet PwC, publiée à la mi-janvier (1), les dirigeants français étaient en effet les seuls à placer les conflits géopolitiques au 2e rang de leurs préoccupations, quand la question leur était posée des risques susceptibles d’affecter la santé de leur entreprise en 2022. Au premier rang, ils étaient en revanche à l’unisson des autres dirigeants du monde en citant la cybersécurité, un domaine qu’ils ont pourtant longtemps négligé et pour lequel une partie d’entre eux a payé au prix fort sa négligence.

On ne compte plus, ces dernières années, les institutions, les collectivités publiques et les entreprises de toutes tailles à avoir subi une cyber-attaque.

De nombreuses victimes dans la région et partout en France

Dans la région, la Métropole Aix-Marseille-Provence, la ville de Marseille et le Groupe Bourbon en ont fait les frais, comme M6, Fleury Michon, Bouygues Construction, l’Université de Montpellier, les Laboratoires Pierre Fabre, l’hôpital de Saint-Gaudens, la ville d’Angers… et bien d’autres encore. La plupart ont fini par recouvrer l’intégralité de leurs données, mais à quel prix ?

Déjouer les cyber-attaques, d’où qu’elles viennent et quelle que soit leur ampleur, est donc devenu une sorte de Saint-Graal pour les chefs d’entreprise aujourd’hui. Cela tombe bien : c’est l’un des enjeux d’AccesSecurity, le salon méditerranéen de la cybersécurité et de la sûreté, qui se tient les 9 et 10 mars au parc Chanot, à Marseille.

Le Palais des Congrès à Marseille ©SAFIM

AccesSecurity, un salon de réflexion et de solutions

Organisé tous les deux ans depuis 2015, il n’a pu être mis sur pied en 2021 du fait de la crise sanitaire, qui a elle-même eu un fort impact sur la cybersécurité. Les applications de visioconférence et la communication à distance, deux technologies sous utilisées jusque là, sont en effet passées en quelques semaines du statut de gadget pour geek à celui d’outil indispensable à la survie des entreprises. Mais en multipliant les portes d’entrée dans les systèmes informatiques, on a aussi multiplié les vulnérabilités et les cyberpirates s’en sont donnés à cœur joie.

D’où l’attente des dirigeants en quête de solutions de sécurité satisfaisantes, plus urgentes encore depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, illustrations de ce qu’est une guerre hybride, où l’attaque des chars et des avions se double de cyber-attaques massives contre les systèmes vitaux des belligérants.

Amener plus de femmes vers la cybersécurité

Dans un contexte aggravé par ces deux séismes successifs à l’échelle mondiale, un autre enjeu d’AccesSecurity sera la question des spécialistes en cybersécurité, un métier – ou plutôt une panoplie de métiers – lourdement déficitaire, en France comme partout ailleurs dans le monde.

Une récente étude (2) évalue ainsi à plus de 4 millions de personnes les besoins mondiaux actuels, qui vont nécessiter un effort sans précédent en termes de formations si on veut combler ce déficit dans des délais raisonnables. Et ce n’est pas seulement une question d’argent, puisque selon l’étude PwC citée plus haut, le salaire moyen d’un spécialiste en cybersécurité en France est 2,6 fois plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE. Cet aspect sera évidemment abordé au cours du salon, avec une attention particulière portée aux femmes, très sous-représentées dans la cybersécurité comme dans tous les métiers à dimension scientifique.

Hervé Vaudoit

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