La nouvelle garde créative retrouve des couleurs au Festival de Hyères

Perturbé en 2020 par la crise sanitaire, le Festival international de la mode, de la photographie, et des accessoires de mode vient de s’achever à la Villa Noailles de Hyères. Le temps d’une parenthèse, la ville varoise s’est transformée en épicentre de la création, entre défilés, expositions et ateliers. 

Retardée mais bel et bien là. Le 14 octobre, s’est ouverte la 36e édition du Festival international de la mode, de la photographie et des accessoires de mode de Hyères. Organisé par la Villa Noailles, cet évènement réunit tous les grands de la haute couture, avec à la clé des prix prestigieux pour les jeunes créateurs en compétition. Jean-Pierre Giran, maire d’Hyères, s’est dit “très heureux de retrouver ces moments particuliers qui nous avaient tant manqués”.

La nouvelle garde créative s’installe sur la Côte d’Azur

Chanel, LVMH, Kering, Lacoste, ou encore Chloé : aucun n’a manqué à l’appel, un an après une édition chamboulée par la pandémie.  “Avec cette nouvelle édition, c’est presque comme en 2019. Sauf que, cette année, nous voulions penser à un nouveau monde plus doux, plus joyeux. Et à une mode plus belle encore, plus respectueuse des libertés de chacun”, explique Jean-Pierre Blanc, directeur de la Villa Noailles.

Pendant 4 jours, Hyères est donc devenue the place to be. Il suffisait de constater l’afflux massif des festivaliers, qui ne passent pas inaperçus et trahissent à eux seuls l’effervescence créative dont la ville hyéroise est l’objet. Le mobilier urbain se met lui aussi au diapason, avec des affiches fleuries.

Edith Wharton, romancière américaine du 20e siècle et grande amoureuse de la ville, écrivait : Hyères so gold, so full of flowers. On s’en est inspiré”, poursuit Jean-Pierre Blanc.

Christian Louboutin, président du jury accessoires

Dix finalistes avaient été sélectionnés dans chaque catégorie. Des stylistes venus des quatre coins de la planète pour espérer décrocher l’un des prix mis en jeu.

Pour la mode, les candidats pouvaient espérer remporter quatre récompenses : le grand prix du jury Première Vision, le prix Chloé, le prix Le 19M des métiers d’art de Chanel et le nouveau prix de la collection éco-responsable Mercedes-Benz, doté de 20 000 euros. Le jury était présidé par Louise Trotter, directrice artistique de la maison Lacoste.

Le défilé au Hangar de la Mouture (La Capte), le 15 octobre / Margaux Pelletier

Côté photographie, c’est Dominique Issermann, qui siège à l’Académie des Beaux-Arts, qui était à la tête des jurés chargés départager les candidats. Un nom connu de toutes les élégantes a aussi émergé pour cette 36e édition : celui de Christian Louboutin, qui présidait le jury accessoires. Le créateur a d’ailleurs signé une exposition à la Villa Noailles, qui met en scène son fameux univers rouge. Elle partage l’affiche avec 14 autres expositions, ouvertes au public jusqu’en janvier 2022.

L’exposition présentée par Christian Louboutin à la Villa Noailles / Margaux Pelletier

Le festival hyérois, un tremplin pour les jeunes créateurs

L’objectif, le même depuis la création du festival en 1986 : ébaucher la mode de demain. Un an plus tard, la photographie y a fait son apparition, puis les accessoires, en 2017. Car le festival, c’est avant tout celui de la jeunesse créative. 

Y remporter un prix signe le début d’une carrière prometteuse. Il suffit de voir le parcours de Tom Van der Borght, lauréat du Grand Prix du jury Première Vision 2020. Le designer belge avait pu entrer par la grande porte dans le monde des créateurs reconnus. Cette année, il a fait sensation en venant présenter sa nouvelle collection.

Les nouvelles créations de Tom Van der Borght, lauréat 2020 / Margaux Pelletier

Presque 100 ans après sa construction, la Villa Noailles s’inscrit assurément dans la lignée du travail initié par les mécènes Charles et Marie-Laure de Noailles, ses premiers occupants. Repérer les jeunes créateurs talentueux et les accompagner dans l’expression de leur art.

De nos envoyés spéciaux à Hyères, Julien Azoulai et Margaux Pelletier.

Au sujet de Killian Blisson

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