Les bons et les mauvais points attribués par le Medef Sud

Yvon Grosso, le président du Medef de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dresse un bilan général de l’activité économique de notre région en 2021. Il a insisté sur les « 105 projets soutenus sur l’année, au titre du plan France relance, qui représentent 43 millions d’euros d’aides pour les entreprises de la région, avec 1200 emplois créés.

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Après avoir demandé au gouvernement que « les entreprises régionales puissent aussi bénéficier du fonds de solidarité », Yvon Grosso, président du premier syndicat patronal de la région, pointe du doigt les sempiternelles défaillances françaises en termes de compétitivité, au niveau européen et international. Selon lui, « il y a une réalité, c’est que la demande est là en 2021. Nos entreprises repartent et reçoivent beaucoup de commandes, mais elles connaissent une forte pénurie en matières premières, semi-conducteurs, micro-processeurs électroniques… De cette manière, les difficultés se situent sur un autre sujet : nous dépendons beaucoup trop de la Chine, des pays asiatiques. Pour y faire face, il y a beaucoup de choses à faire sur le plan européen. Espérons que la présidence française du Conseil de l’Union européenne en 2022 (du 1er janvier au 30 juin, ndlr) permette d’insuffler une nouvelle souveraineté européenne dans le domaine du process de notre industrie, notamment automobile, pour signifier enfin moins de technocratie et moins de paperasse. »

« Des taux de charges et d’impôts sur les entreprises toujours trop élevés par rapport aux voisins européens »

Yvon Grosso répète que l’industrie régionale a affiché en 2021 « une volonté de se réindustrialiser ». Il explique que « elle a pu bénéficier de subventions supplémentaires et se trouve être sur la bonne dynamique, dans le but de se rapprocher en cette fin d’année du niveau économique qui était présent avant la crise sanitaire », puis revient sur l’éternel mantra du Médef depuis des décennies, regrettant que « les taux de charges et d’impôts touchant nos entreprises demeurent toujours trop élevés par rapport à nos voisins européens. Nous avons construit un modèle économique où, plus vous embauchez, plus vous devez payer. Aujourd’hui, on s’aperçoit que cela pénalise à la fois l’activité et le pouvoir d’achat. Nous avons 24 % de prélèvement sur le salaire, alors que la moyenne européenne se situe à 16 %.» Selon Yvon Grosso, « il faut à tout prix donner plus de souplesse à nos entreprises sur le marché mondial. On doit aller plus vite et plus franchement dans ce sens. Nous avons aujourd’hui 22 millions de PME en Europe qui sont créatrices d’emplois. Il faut les aider, les soutenir, avec cette idée, et je tiens à insister, de défendre une suprématie européenne. Dans ce rôle, la France a selon moi un rôle important à jouer, car elle est aujourd’hui le pays le plus pénalisé dans les taux de prélèvements au monde. »

« 95 % des produits vendus par les magasins Leroy Merlin sont fabriqués à l’étranger »

Sur le thème de production industrielle, en berne dans notre pays, le président du Medef Sud donne un exemple précis, celui d’une grande enseigne de bricolage. «Je viens de rencontrer l’un des hauts responsables chez Leroy Merlin, raconte-t-il. Il m’a expliqué que 95 % des produits vendus par ses magasins étaient fabriqués à l’étranger, contre 50 % il y a quelques années en arrière. Là-encore, ce n’est pas normal. On achète pour faire travailler les usines à l’étranger. On augmente le pouvoir d’achat des Français pour pouvoir acheter des produits qui sont fabriqués et arrivent de l’étranger, donc on ne s’enrichit pas à l’arrivée. » Et d’insister sur la volonté du Medef « qu’à l’échelle européenne, nous soyons assez forts pour faire face aux Américains, aux Chinois. On ne doit plus courber l’échine. Dans ce but, pourquoi ne pas leur imposer de taxes, comme ils le font pour nous ? Ces taxes deviennent trop handicapantes pour nos entreprises. »

Malgré tout, le responsable du Medef régional reste optimiste. « La cinquième vague est là et on doit vivre avec. Nous sommes sur les chiffres d’avant crise et nous terminerons l’année à un bon niveau sur le plan économique. Pour doper l’emploi et le recrutement, nous avons signé en 2021 des accords significatifs et encourageants avec la collectivité régionale pour pouvoir financer des milliers de formations qualifiantes pour les jeunes. L’Etat a également remis 31 millions d’euros pour coller aux besoins des entreprises, avec des formations sur mesure. L’alternance a augmenté par la même occasion, grâce à des formations proposées mieux idées et ciblées. Tout est fait pour inciter les gens à reprendre le travail. »

« Nous vivons une transformation totale de la civilisation industrielle »

Quoi qu’il en soit, Yvon Grosso en est convaincu : « nous vivons une révolution dans notre système. Une transformation totale de la civilisation industrielle est en route. Il faudra s’y adapter en prenant son temps pour cela, mais ce sera une obligation. »

Bruno Angelica

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