Ne laissez pas le cancer de la prostate vous tuer

En partenariat avec l'Association Française d'Urologie (AFU), des médecins provençaux et la Ligue contre le Cancer, MProvence lance une campagne d'information sur le dépistage du cancer de la prostate : "Soyez Prostache !" Ce cancer qui touche une petite glande reproductrice est le plus fréquent chez l'homme avec 50.000 nouveaux cas détectés et 8.100 morts par an. Un Français sur 7 développera ce cancer. Les hommes peuvent se faire dépister dès 45 ou 50 ans via un simple examen clinique et une prise de sang. Mais beaucoup négligent la prévention par peur, par gêne et souvent par méconnaissance. Or les traitements sont très efficaces. A partir de ce week-end avec le soutien à l'ascension cycliste du Ventoux menée par Bernard Hinault, puis via des conférences à Marseille, Aix ou Nice, l'opération "Soyez Prostache !" se donne 3 mois pour inciter le maximum d'hommes à se poser la question : et si je me faisais dépister pour, peut-être, éviter une mort prématurée ? Le professeur Georges Fournier, président de l'AFU, délivre ci-dessous un témoignage édifiant et appelle les femmes à la rescousse.

Santé

« En France, un homme meurt toutes les heures du cancer de la prostate. »

Le chiffre claque, frappe les conscience : le professeur Georges Fournier n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer ce tsunami permanent qui se déroule dans l’indifférence générale. Chirurgien urologue à Brest, il préside la puissante Association Française d’Urologie (AFU) qui regroupe la plupart des spécialistes du pays. Et il a fait de l’information son combat pour que les hommes s’intéressent mieux à leur santé dès 45 ans, et se fassent dépister. « Beaucoup d’hommes ne vont pas voir de médecin, d’ailleurs beaucoup n’ont même pas de médecin traitant à cet âge-là. La prévention classique ne fonctionne pas. Malheureusement un homme sur 7 aura un cancer de la prostate et beaucoup en mourront. » Ils sont encore 8.100 chaque année dans notre pays.

Professeur Georges Fournier
Le Pr Georges Fournier, président de l’Association Française d’Urologie

Une simple prise de sang pour dépister cette maladie silencieuse

A la différence d’autres maladies visibles ou sensibles, le cancer de prostate ne donne pas de symptômes au début. « C’est une maladie silencieuse qui ne se révèle que par le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique) lors d’une simple prise de sang ou le toucher rectal effectué par le médecin (NDLR: ce geste rapide et peu invasif permet de repérer si la prostate, voisine du rectum, présente une induration, une déformation, caractéristique d’une tumeur). Il est recommandé de voir un médecin qui jugera s’il est logique de dépister ce cancer, notamment si on a des antécédents familiaux. Dès 45 ans si on a un risque génétique – donc si un proche a eu un tel cancer – ou si on a une origine ethnique avec une ascendance africaine ou afro-antillaise; dès 50 ans pour tous les autres. Ensuite le dépistage est conseillé tous les deux ans.

OK, OK, docteur ! Mais, Messieurs, combien d’entre nous vont avoir la conscience ou le courage de franchir le pas ? De regarder si l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes est accrochée solidement ou si elle ne risque pas de nous ôter la vie bien plus tôt qu’espéré ? Et pourtant…

10 millions d’hommes concernés en France

La grande majorité des hommes seront rassurés par un taux de PSA très bas. « Si à 60 ans ce taux est inférieur à 1 nanogramme par millilitre, vous avez peu de risque de développer un cancer, souligne le Pr Fournier. A partir de 3 vous passez en situation de surveillance, et à 4 ou 5 on fera pratiquer une IRM de la prostate. Cette évolution est récente, il y a quelques années on faisait des biopsies avec douze prélèvements. C’était invasif, avec un risque infectieux non négligeable. Le recours à l’IRM change tout. Si l’imagerie est normale, on fait une simple surveillance à un ou deux ans. Si elle montre un résultat anormal, on réalise une biopsie ciblée sur la lésion. »

Des quinquagénaires aux septuagénaires, en France 10 millions d’hommes sont concernés ! La moyenne d’âge de survenue du cancer tourne autour des 65 ans. Mais c’est une moyenne et parfois la tumeur s’installe dix ou quinze ans plus tôt. La chance, et c’en est une, est qu’il s’agit d’un cancer de bon pronostic lorsqu’il est pris en charge à son début par la chirurgie ou la radiothérapie.

On opère bien moins qu’il y a 10 ans, on surveille plus

Les traitements ont également bien évolué. On opère moins qu’il y a une décennie, quand on ne disposait pas des mêmes moyens de détection et de surveillance. « Avant, on surtraitait 40% des gens. En fonction des examens, de l’âge du patient, si c’est un petit cancer, bien différencié, nous allons maintenant privilégier la surveillance. A dix ans de recul, on estime qu’il y aura 30% des surveillés qui seront traités. Mais même pour ceux-là c’est positif, car on retarde les conséquences sur leur vie sexuelle (l’impuissance) et le risque d’incontinence urinaire. »

Car si la prostate est une toute petite glande du bas-ventre qui intervient dans la fabrication du sperme, son ablation n’est pas sans impact sur les nerfs qui commandent l’érection, ni sur les fuites urinaires.

« Des problèmes d’érection, oui. Mais on vous sauve la vie ! »

« En cas de chirurgie, dans 90% des cas l’incontinence urinaire rentre dans l’ordre malgré quelques petits désagréments, tempère Georges Fournier. Le patient fait de la kinésithérapie avant l’intervention pour renforcer son périnée. Bien sûr, vers 70 ans, vous récupérez moins vite. Concernant la dysfonction érectile, elle est très fréquente, sauf sur la tranche jeune – vers 60 ans – et en cas de dépistage précoce, car on peut préserver les nerfs érecteurs. Dans plus de la moitié des cas on préserve les érections, même si elles seront moins vigoureuses. »

Avant un rapport, l’homme pourra ensuite s’aider de médicaments comme le Viagra ou le Cialis, voire se faire une piqûre dans la verge après une initiation au geste à l’hôpital. « Il y a conséquences sur la sexualité, mais n’oublions pas que si on opère, c’est pour vous sauver la vie ! »

Selon le profil de la tumeur, le staff médical pluridisciplinaire recommandera plutôt la radiothérapie, au lieu ou en complément de la chirurgie. Elle ne rend pas incontinent mais peut irriter la vessie voisine, et surtout elle affecte notablement les nerfs de l’érection. « En résumé, plus on est jeune et plus on va vers la chirurgie. Plus on est âgé et plus on se tourne vers la radiothérapie« , tranche le Pr Fournier.

Espérance de vie si on ne fait rien : 4 ans

La difficulté demeure pourtant de convaincre les hommes de se faire dépister puis éventuellement traiter pour un cancer qu’il ne sente pas, avec des conséquences importantes sur la vie quotidienne. « Le détecter tôt vous met à l’abri d’un diagnostic incurable, sinon votre espérance de vie est de 4 ans, prévient le spécialiste. Mourir de métastases, je ne le souhaite à personne. » Surtout à 65 ou 70 ans, serait-on tenté d’ajouter. Vu sous cet angle, on réfléchit sans doute de manière plus pragmatique…

Georges Fournier, qui a embarqué l’AFU dans ce combat, en fait une question personnelle : « Je ne veux plus être confronté à des situations où les hommes viennent nous voir avec un cancer avancé car ils n’en ont pas entendu parler. Quand ils comprennent comment ils peuvent améliorer leur santé, les gens réagissent. » D’ailleurs en trente ans, la mortalité par cancer de la prostate n’a jamais cessé de diminuer. « On est cependant en droit d’attendre une réduction bien plus forte de la mortalité. 8.100 morts par an, c’est quasiment trois fois plus que la mortalité routière. C’est inacceptable. »

Impliquer les femmes pour… soigner les hommes

Pour gagner son pari, le médecin compte sur les femmes, habituées dès l’adolescence à la prévention et à la surveillance gynécologique. « Il faut miser à fond sur les femmes, elles sont les plus grandes protectrices de leur environnement masculin, qu’il s’agisse de leur mari, de leur père, de leurs frères ou de leurs fils. Elles sont beaucoup plus pragmatiques et savent qu’il ne faut pas trop compter sur les hommes pour préserver leur santé. »

Samedi 17 septembre à 9h à Bédoin dans le Vaucluse, le public pourra rencontrer les 300 cyclistes qui se lanceront à l’assaut du Ventoux, porteurs du maillot de l’AFU « Je roule contre le cancer de la prostate ». Ils seront encadrés par le Vélo Club de la Pomme (Marseille). A 10h le peloton emmené par le quintuple vainqueur du Tour de France, Bernard Hinault, qui a embrassé la cause sans sourciller, s’élancera vers le sommet du mont chauve. « Hinault, c’est mon voisin en Bretagne, souligne le professeur Fournier, c’est pourquoi je l’ai sollicité. Et puis le vélo, c’est populaire, beaucoup d’hommes s’y mettent et font des sorties en groupe. C’est l’occasion de parler de tout. » Y compris de ses soucis de prostate. C’est l’ambition de l’Association Française d’Urologie.

Prostate

LES ENGAGEMENTS DE MPROVENCE

Jusqu’en décembre prochain, MProvence va relayer les informations de ses partenaires, notamment l’Association Française d’Urologie, la Ligue contre le Cancer et les hôpitaux régionaux. Notre média va promouvoir les actions comme la montée cycliste du Ventoux de samedi, ou la course pédestre des Bacchantes du 20 novembre à Aix.

En partenariat avec France Bleu Provence, nous allons également organiser plusieurs rencontres associant des médecins et le public à Marseille, Aix-en-Provence, Toulon, et Nice notamment. Une campagne de sensibilisation du public et des chefs d’entreprise sera déployée en novembre afin d’inciter chacun à porter la moustache – symbole de cette lutte – durant un mois. Nous publierons un « mur » avec les photos des participants sur notre site. Au fur et à mesure de la campagne, nous dévoilerons de nouvelles initiatives et de nouveaux partenaires.

PROSTACHE

Nous remercions les organisations et les médecins qui soutiennent déjà cette opération citoyenne de MProvence :

L’Association Française d’Urologie et son président Georges Fournier, la Ligue contre le Cancer et son comité des Bouches-du-Rhône par la voix de son président Pierre Garosi et son vice-président Joseph Arakel, le professeur Eric Lechevallier, chef du service d’urologie du CHU de la Conception (AP-HM), le professeur Matthieu Durand du CHU de Nice, le docteur David Barriol de l’Hôpital Privé de Provence,  les docteurs Jean-Laurent Deville et Xavier Muracciole du CHU de la Timone (AP-HM). Ils constituent le comité de pilotage scientifique de l’opération « Soyez Prostache ! »

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