Prostate : tous les hommes devraient s’en soucier et se protéger

Cette petite glande reproductrice engendre une crainte pour nombre d'hommes à partir de 50 ans. C'est le cancer masculin le plus fréquent en France avec près de 60.000 nouveaux cas par an, il provoque 8.100 décès. Objectif des médecins : le détecter tôt car il se soigne très bien. Mais son traitement provoque souvent des troubles urinaires et affecte les érections. Bonne nouvelle : désormais dans 1 cas sur 2 on se contente d'une surveillance active du cancer qui évite le surtraitement et les effets secondaires. A MProvence, on s'engage durant un mois pour vous informer en détail sur cette maladie et on organise des conférences ouvertes au public "La prostate, parlons-en pour vous protéger !" avec des médecins à Nice, Toulon et Marseille, Aubagne.

La prostate parlons-en !

Il y a ceux qui préfèrent faire l’autruche et qui croisent les doigts pour que ce cancer les épargne. Malheureusement, il est fréquent. C’est le premier cancer masculin avec près de 60.000 nouveaux cas par an. Il touchera un homme sur 7. Dans 66% des cas, la découverte de la maladie survient après 65 ans (mais avant cet âge pour 1 homme sur 3 donc).

A l’inverse, il y a ceux qui préfèrent ne pas jouer avec le feu, savoir, être surveillés, et traités si besoin. Repéré tôt, ce cancer se soigne très bien avec un taux de survie 5 ans après le diagnostic de 93%. Ceux-là se plient souvent à une prise de sang annuelle à partir de 50 ans pour faire mesurer leur taux de PSA, qui doit s’accompagner d’un toucher rectal.

Un cancer silencieux dont il faut se méfier

« Quand on est un homme de 50 à 75 ans, en dehors d’antécédents familiaux, il est normal de poser la question à son médecin traitant ou à son urologue sur l’intérêt de se faire dépister du cancer de la prostate qui est parmi les plus fréquents en France et la 3e cause de décès par cancer chez l’homme dans l’Hexagone, souligne le professeur Matthieu Durand, chirurgien-urologue à l’Hôpital Pasteur 2 (CHU de Nice). Il est responsable de 8.100 décès tous les ans dans notre pays. C’est plus du double des accidents de la route, alors il faut s’en occuper ! » Et le spécialiste avertit : « Une de ses particularités est qu’il est silencieux. La plupart du temps, aucun symptôme ne trahit sa présence. »

D’où l’intérêt du dépistage : prise de sang et toucher rectal. « Si l’un ou l’autre de ces deux examens fait craindre la présence d’une lésion cancéreuse, alors une imagerie par IRM et une biopsie de prostate sous échographie peuvent être réalisées en complément pour faire le diagnostic« , précise le médecin qui animera la conférence publique à Nice le 10 novembre (voir le programme ICI).

Les hommes victimes de leurs tabous

Il suffit néanmoins d’évoquer le sujet du dépistage avec ses amis de plus de 50 ans pour que tout le monde ou presque se marre sur le registre machiste : « Oh la la, me faire mettre un doigt dans les fesses, très peu pour moi ! » D’autres, gênés, regardent le bout de leurs chaussures. Bien des hommes demeurent en effet mal à l’aise et prisonniers de tabous pour les pathologies touchant à l’appareil urinaire et reproducteur. Comme si c’était la honte. Voilà une grande différence avec les femmes qui souvent depuis leur adolescence réalisent des contrôles chez le gynécologue et jugent normal ce suivi médical.

« Beaucoup d’hommes ignorent que le cancer de la prostate les menace potentiellement, constate le Dr Véronique Delaporte, chirurgien-urologue au CHU de La Conception à Marseille (APHM). Mais chaque fois que nous pouvons expliquer la nécessité du dépistage aux hommes, mais aussi aux femmes qui les accompagnent en consultation, la prise de conscience est souvent immédiate. »

On surveille beaucoup, on opère moins

Les hommes ont entendu parler des conséquences d’un traitement aux effets secondaires réputés importants – fuites urinaires durant plusieurs mois et difficulté plus durable sinon définitive à obtenir des érections car les sphinctères urinaires et les nerfs érecteurs qui longent la petite glande produisant le liquide séminal sont fréquemment endommagés lors de la chirurgie et de la radiothérapie. Cette crainte constitue d’ailleurs souvent un frein dans la démarche de prévention, voire même pour recevoir des soins lorsque la maladie est déclarée et est agressive.

Toutefois, et c’est une excellente nouvelle, on traite beaucoup moins depuis quelques années. Bénéficiant de la recherche scientifique, les urologues ont développé ce qu’on appelle la « surveillance active ». Ce qu’explique le Dr Géraldine Pignot, chirurgien-urologue à l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille, qui interviendra lors de la conférence à Marseille le 16 novembre (voir le programme ICI).

Dans 1 cas sur 2, le cancer ne progressera pas

« Ce cancer peut être diagnostiqué à un stade très précoce, avec certaines formes indolentes, faiblement agressives et non évolutives dans le temps, précise le Dr Pignot. Ces cancers dits « à faible risque » n’impactent pas le pronostic ni la survie des patients et ne justifient donc pas un traitement immédiat. Une surveillance active peut être proposée pour ces patients, avec suivi régulier du PSA, de l’IRM de prostate et nouvelles biopsies de réévaluation à intervalles réguliers.

« Cette stratégie évite le surtraitement et les effets secondaires liés à celui-ci. Dans 50% des cas, le cancer ne progressera pas et les patients continueront d’être surveillés; dans 50% des cas, le cancer peut progresser dans le temps et justifier alors d’un traitement adapté, sans perte de chance pour le patient. »

Et la sexualité, comment ça fonctionne après ?

Les conférences intitulées « La prostate, parlons-en pour vous protéger ! » proposées à Nice, Marseille et Toulon (dans cette ville le 14 novembre sur le campus du RCT, voir le programme ICI), après Aubagne le 3 octobre, aborderont le dépistage, les différents traitements et la vie après le cancer. Tous les hommes sont concernés par cette information qui doit leur permettre de se poser les bonnes questions sur le besoin de se faire dépister.

Pour ceux qui sont confrontés à la maladie, les médecins feront le point sur l’évolution des traitements – ainsi en radiothérapie où de nouveaux équipements permettent de réduire considérablement le nombre de séances. On parlera aussi hormonothérapie, chirurgie robotique… et sexualité. Il est fondamental d’aborder le sujet de l’intimité. D’ailleurs, cette année, lors des échanges seront privilégiés les témoignages de patients. Ce sera le cas particulièrement à Nice, et à Marseille avec l’ANAMACaP (Association nationale des malades du cancer de la prostate).

L’exercice est efficace pour prévenir le cancer

Autre sujet crucial qui sera présenté aux participants des conférences, l’hygiène de vie. L’exercice physique régulier peut notamment jouer un rôle important dans la prévention comme durant la maladie. Une étude conduite à l’Université de Californie et publiée dans le Journal of Urology a démontré que l’exercice régulier pouvait ralentir la progression du cancer de la prostate chez les hommes atteints d’une forme moins agressive de la maladie. Ceux pratiquant régulièrement une activité modérée à intense présentaient une baisse de 57% du risque de progression du cancer de la prostate par rapport à ceux qui étaient sédentaires. Marche rapide, course à pied, natation et cyclisme seraient recommandés, de même que la musculation.

MProvence s’engage durant un mois

Pour la 2e année consécutive, MProvence s’engage donc dans cette démarche d’information et de prévention du cancer de la prostate. C’est un choix citoyen assumé par notre média de proximité. Il se fait en lien avec les sociétés savantes comme l’Association Française d’Urologie et les médecins de la région exerçant dans les plus grands hôpitaux, avec le soutien d’Aix-Marseille Université, de l’Université Côte d’Azur, de France Bleu, de la Ligue contre le cancer, de la Croix-Rouge Française, de la Ville de Nice, du Rugby Club Toulonnais…

Nous allons publier jusqu’à la conférence finale le 16 novembre une série d’articles, de podcasts et de vidéos réalisés notamment avec les étudiants du master 2 spécialité Communication des organisations en santé et bien-être (Cosan) de l’Ecole de Journalisme et Communication d’Aix-Marseille Université. Ils sont allés tourner au bloc opératoire et ont produit des reportages incroyables qui informent et rassurent sur une maladie encore taboue mais qui, heureusement, se soigne très bien. A découvrir sur MProvence jusqu’au 16 novembre.

Venez assister aux conférences « La prostate, parlons-en pour vous protéger ! »

Télécharger les programmes :

Renseignements : 06 33 78 35 79

 

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