Un fruit à fort potentiel au cœur de toutes les attentions

économie

Dès l’aube, à l’heure où ne blanchit pas encore la campagne, les exposants s’affairaient pour préparer leur stand, les personnalités révisaient leur discours, le cassoir se mettait en marche, et la ville fut rendue aux piétons pour la journée.

Aux manettes du cassoir de Valensole prêté par Maurice Chaspoul, les experts, toujours aussi performants commentaient leur travail avec passion. Ce cassoir mécanique née à la fin du XIX e siècle a remplacé l’activité manuelle faite par les femmes. D’ailleurs les Fileuses ont respecté la tradition en cassant et recassant des amandes toute la journée. Rappelons qu’avant la Première guerre mondiale le département était le centre névralgique mondial de la production d’amandes dont le cours se fixait à Aix-en-Provence sur le cours Sextius, Oraison possédait plusieurs cassoirs.

Cette année les amandes de Provence venues de Bollène dans le Vaucluse se sont vendues sur le marché des producteurs 24 € le kilo en amandon et 7 € en coque, les prix ont augmenté de 15 %. Mêmes tarifs au stand de l’association organisatrice, avec le même commentaire : « nous avons subi une pénurie d’amandes cette année à cause du gel au mauvais moment ».

Pour Hervé Bartelt, directeur de la coopérative Sud amandes située à Garons (Gard), « le gel a sévi à 50 % sur la Provence soit un manque à gagner de 30 % au plan national. Nous rayonnons sur une trentaine de producteurs en Provence, certains n’ont pas subi de gel, d’autres à 100 %. Quant aux tarifs, nous avons pratiqué une augmentation de 13 % (prix coopérateur) tous les consommateurs ne pourront être pleinement servis et je ne prends pas de nouveaux clients ».

L’identité provençale

Cependant es amandes millésimées 2021 sont excellentes et sont arrivées à maturité vers le 20 septembre.

À l’heure des discours, Michel Doucet, président de la fête a donné dans la métaphore. « Si Oraison était un fruit, ce serait une amande pointue » …puis évoquant la fête « elle est là depuis 14 ans, elle a bien poussé et son feuillage est fourni ».

Le maire Benoit Gauvan a qualifié Michel Doucet d’infatigable, « l’amande est un fruit fragile mais reconnu, c’est la richesse de notre territoire ». Il a salué les entreprises Doucet et Perlamande qui ont bénéficié du plan de relance de l’État et vont créer 60 emplois.

Pour Éliane Barreille présidente du Conseil départemental « cette fête s’inscrit dans la tradition du territoire, Oraison est la capitale de l’amande provençale en privilégiant la proximité. Nous sommes au cœur de l’identité provençale ». À propos des pertes des agriculteurs liées aux gelées nocturnes, elle a assuré le soutien du Département en lien avec la Région.

Jean-Charles Borghini, conseiller régional a annoncé que le budget de l’agriculture de la Région était en hausse et s’était fixé deux enjeux : adapter l‘agriculture aux change ments climatiques et structurer les filières. Le plan de relance s’inscrit dans ce schéma. Il a évoqué les crises climatiques « sans précédent », la tempête Alex et le gel, soit 15 millions d’euros d’aide d’urgence.

En route vers la labellisation

Concernant le plan de relance de l’amande, « la filière bénéficie d’une forte dynamique, poussée par la Compagnie des amandes et la Région… En France, 30 000 tonnes consommées pour moins de 1 000 tonnes produites. Ce sont d’ores et déjà 500 hectares plantés depuis deux ans et l’émergence d’un signe officiel de qualité, un projet de casserie accompagné à hauteur d’1,5M d’euros ».

Après les mots de félicitation de la députée Delphine Bagarry, la souspréfète Natalie William a eu ce mot « l’amande est un petit fruit à fort potentiel ». Puis de citer une progression de 700 % en 20 ans, « c’est considérable et 200 tonnes du département ne suffisent pas à répondre à la demande en alimentation et en cosmétique, c’est pourquoi nous soutenons cette filière, indemnisons les agriculteurs qui ont subi le gel ».

Dernière intervention en exclusivité, André Pinatel, président du syndicat de l’amande de Provence. « Je pense que c’est bien de parler du gel qui a pénalisé près de 40 % de la production ».

Au niveau régional en 2022 l’objectif est de planter 200 ha comme tous les ans. « Quant à la Compagnie des amandes qui a rejoint le syndicat, elle fera planter 1000 ha sur l’arc méditerranéen ».

L’année 2021 sera à oublier mais « on voit le marché des amandiculteurs en progression ».

Derniers mots sur la concurrence et la labellisation, « l’Espagne progresse, leur amande est meilleure que l’américaine. Dans notre plan de relance nous allons créer une Appellation d’origine contrôlée qui nous permettra de nous démarquer. Nous allons vers la labellisation Amande de Provence et d’ici 2 ou 3 ans nous obtiendrons le Label rouge ».

Jean Banner pour L’Espace Alpin

L’Espace Alpin est le journal agricole et rural des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes. Ce journal bimensuel est disponible sur abonnement sur lespace-alpin

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